Critique : The Lost City of Z

On 14/03/2017 by Nicolas Gilson

Portrait de Percy Fawcett, THE LOST CITY OF Z en narre les aventures. S’inspirant de l’ouvrage de David Grann dédié à l’explorateur britannique (The Lost City of Z: A Tale of Deadly Obsession in the Amazon), James Gray réalise un film fleuve aux longueurs assommantes dont les ellipses sont la seule réjouissance. Bien que porté par l’interprétation de Charlie Hunnman, le film impressionne sans convaincre tant le réalisateur, à l’instar du héros qu’il met en scène, est se perd dans la démesure de son ambition.

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En 1905, l’officier Percy Fawcett (Charlie Hunnman) est détaché à Cork en Irlande. Heureux en ménage avec Nina (Sienna Miller qui n’a rien à défendre, si ce n’est le résumé du « féminisme pour les nuls » comme tout dialogue), il subit la disgrâce d’un nom qui, malgré son acuité, ne lui vaut aucun titre. Envoyé en mission à Londres, la Société géographique l’enjoint à établir une cartographie des frontières entre le Brésil et la Bolivie. Si cette mission lui demande de quitter son épouse et son jeune fils durant de long mois, elle lui permettra de retrouver les honneurs et de blanchir son nom. L’homme vogue alors vers l’Amazonie dont il descend le fleuve afin d’en trouver la source…

D’entrée de jeu la mise en place assoit une double logique de représentation et de narration quelque peu poussive. Intelligible au point de paraître didactique, l’écriture place les enjeux que le réalisateur assoit – souligne ou surligne – au fil de sa mise en scène. Percy Fawcett quitte ainsi un fils qui ne se souviendra plus de lui à son retour, mais à qui il a pourtant promis qu’un jour ils chasseront ensemble. Si James Gray ancre un caractère romanesque à travers un vaporeux échange épistolaire et se concentre sans grande finesse sur le paradigme familial qui semble dès lors définir son protagoniste, il paraît dépassé par un sujet dont il veut transmettre trop d’éléments narratifssans parvenir jamais à transcender l’excitation voire les motivations de son personnage.

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Le réalisateur nous confronte dès lors à des chroniques d’une longueur monotone (parmi lesquelles trois expéditions et une parenthèse platement symbolique dans les tranchées de la première guerre mondiale), ponctuées de flash-back comme de projections romantico-pathétiques, qui sont toutefois orchestrées avec panache (si l’on fait fi des nombreux plans complètement flous), mais mises en musique de manière dictatoriale. Spectateurs des aventures de Percy Fawcett, nous nous perdons plus que lui à mesure que James Gray, qui se veut critique à l’égard du colonialisme (et de ses « visions »), s’enlise dans les sillons de son ambition et des grands thèmes qu’il aborde – à l’instar de la famille ou de l’amitié…

Fawcett descend-il une rivière pour en trouver la source (!) que les figurants censés constituer ses équipes d’expédition apparaissent ou disparaissent sans que jamais nous n’ayons une idée claire de son exploration. Est-il censé, dans un premier temps, cartographier la frontière entre la Bolivie et le Brésil que nous n’avons aucune mesure du travail accompli (ni de son déroulé). Rencontre-t-il de nombreuses peuplades qu’il parvient à dialoguer avec elles sans que l’apprentissage de la langue ne soit un enjeu. Le temps est-il un élément primordial que seuls les intertitres sont là – ou notre montre – pour en asseoir la progression. En somme, heureusement que la musique nous assomme afin que nous ne réfléchissions pas trop à l’évolution effective des aventures de Fawcett et que nous laissions James Gray nous gaver – littéralement.

THE LOST CITY OF Z
•/♥
Réalisation : James Gray
USA – 2017 – 141 min
Distribution : The Searchers
Drame pathétique

Berlinale 2017 – Séance Spéciale

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The Lost City of Z Die versunkene Stadt Z

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