Critique : The Light Between Oceans

On 07/11/2016 by Nicolas Gilson

Adaptant l’ouvrage de M.L. Stedman, Derek Cianfrance signe avec THE LIGHT BETWEEN OCEANS un film débordant de pathos, dominé par une impénétrable « représentation » rendant chaque sentiment poussif voire caricatural. À une écriture pleine d’artifices répond une interprétation affectée dont le tragique est renforcé par la composition trop impérieuse d’Alexandre Desplat. Eprouvante guimauve.

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Gardien du phare de l’île de Janus Rock, Tom Sherbourne (Michael Fassbender) y entame une correspondance avec la jeune Isabel (Alicia Vikander) avant de l’épouser. Vivent-ils reclus qu’ils débordent de bonheur avant que la mélancolie ne ronge la jeune épouse tandis qu’elle doit faire face à une fausse couche. C’est alors que s’échoue un canot sur le rivage avec à son bord un nourrisson et le cadavre d’un homme. Prenant dans ses bras l’enfant, Isabel se sent mère. Passant un pacte avec Tom, ils fondent enfin une famille…

Bordée d’entrée de jeu par la surabondance musicale, la mise en scène se veut représentative. Nous découvrons Tom tandis que son ressenti est exacerbé au point d’en devenir pathétique – une introduction qui laisse, à raison, présager le pire. La mise en place nous confronte au raisons de son choix d’isolement tout en mettant en scène une rencontre amoureuse plus romanesque que romantique. Aussi sublime soit la photographie, les roucoulements des amoureux se veulent risibles tant ils tiennent de la caricature. Mais sans doute est-il nécessaire de les envisager comme la projection de leurs transports… Une projection qui prend place dans une correspondance plus encore affectée qui n’évite aucun écueil du genre. Aussi lorsque le couple convole en justes noces, on s’attend à ce que le film enfin prenne fin sans se rendre compte qu’il s’agissait là d’une mise en bouche.

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Les enjeux se dessinent alors en nous faisant partager la douleur de Tom et d’Isabel, lors d’une première fausse couche. L’écriture est-elle balourde que le surjeu des acteurs est pétrifiant. Voudrions-nous exploser de rire que nous demeurons interdits. Avec pour quelque enjeux la culpabilité et le désir d’épanouissement dans la procréation, le fantôme de Barbara Cartland semble survenir tant Derek Cianfrance ne prend pas conscience du caractère crétin de ses personnages qu’il exacerbe au fil d’une mise en scène grandiloquente.

Enlisés dans leur mensonge, Tom et Isabel sont rattrapés par la réalité de leur situation. Une complexification narrative qui nous confronte à une changement radical d’approche. Au double point de vue des personnages d’Isabel et de Tom, répond celui d’un personnage tiers (Rachel Weisz toute en artificialité) qui apparaît presque comme par magie, mais non sans grossièreté (esthétique et narrative). Lorsque la réalisateur nous sert un flash-back larmoyant, nous sommes certes dévastés, mais pas par l’émotion qu’il tente de transcender. Le reste se veut affligeant.

THE LIGHT BETWEEN OCEANS

Réalisation : Derek Cianfrance
USA – Nouvelle-Zélande – Royaume-Uni – 2016 – 133 min
Distribution : eOne
Drame

Venise 2016 – Sélection Officielle en Compétition
Film Fest Gent 2016 – Galas & Specials

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Light between oceans

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