Critique : The Happiest Day in the Life of Olli Mäki

On 11/01/2017 by Nicolas Gilson

Au fil d’une mise en scène éblouissante, Juho Kuosmanen s’intéresse à un épisode de la vie du boxeur Olli Mäki. Nous plongeant avec réalisme à l’aube des années 1962, il nous emporte de a campagne finlandaise à Helsinski et nous confronte, sous le regard de son protagoniste, à un monde en pleine révolution dénonçant les pratiques d’un entraineur cupide, les dérives du nationalisme comme l’émergence du sponsoring ou la manipulation médiatique. Un film d’autant plus fort qu’il se révèle être une splendide – et communicative – histoire d’amour.

Olli Mahi - critique

Eté 1962, Olli Mäki fait route pour Helsinki accompagné de sa petite amie Raija (Oona Airola). Le boxeur est pris en charge par un entraineur qui fait de lui un prétendant au titre de champion du monde poids plume. Alors qu’il s’entraîne et doit perdre du poids, le sportif qui doit affronter l’Américain champion en titre est présenté comme une gloire nationale. Pourtant passionné, Olli appréhender le combat avec un flegme saisissant : « je boxerai et on verra », répond-il aux journalistes avides, déjà, de sensationnalisme.

Je boxerai et on verra

D’entrée de jeu nous épousons l’énergie d’Olli (Jarkko Lahti) alors qu’il se rend chez Raija. Se révélant tête en l’air, l’homme se veut amoureux. Dans l’allégresse d’un mariage, le couple se révèle résolument moderne. Impressionnés par cette complicité, nous suivons alors les personnages jusqu’à Helsinki où Olli doit s’entrainer. Focalisant notre attention sur le quotidien du boxeur, le réalisateur esquisse en arrière plan, sous le regard plus distancié et critique de Raija, la réalité d’un univers mercantile qui le dépasse.

Olli Maki - on verra

Le scénario est brillant tant en émane une l’impression d’une simplicité presque banale. Pourtant Judo Immanence confronte habilement plusieurs hypothèse de couples – notamment celui, très contrasté, formé par l’entraineur d’Olli (Eero Milonoff) et son épouse (Joanna Haartti) – et transcende la vitalité d’une époque où l’argent devient l’abjecte moteur d’événements sportifs. Exacerbant la naïveté d’Olli Maki – sans pour autant en fait un niais – le réalisateur souligne la beauté du geste pour le geste : la passion du boxeur se doit d’être totale, sans autre but que le plaisir du combat. Et au-delà, la passion, quelle qu’elle soit, devient le moteur de tout désir. Le contraste est évidemment total en seconde ligne : à la vénalité de l’entraineur répond une mise en scène médiatique pour le moins gage de manipulation…

Au génie de l’écriture, répond une réalisation menée de main de maître. La photographie (signée Jani-Petteri Passi, habitué au cinéma documentaire) est splendide. Le grain du noir et blanc fait-il revivre une époque (réaliste jusque dans le détail des décors et des costume) que la mobilité du cadre transcende l’énergie (ou son absence) du protagoniste ou des situations. Le travail sur le son est proprement impressionnant – notamment la séquence rendue vertigineuse du combat – tandis que la musique, intradiégétique, participe à une dynamique sensible et organique. Enfin la qualité d’interprétation de l’ensemble du casting est époustouflante tant l’hypothèse fictionnelle semble disparaître.

THE HAPPIEST DAY IN THE LIFE OF OLLI MÄKI
♥♥♥
Réalisation : Juho Kuosmanen
Finlande – 2016 – 92 min
Distribution : September Film
Drame romanesque

Cannes 2016 – Sélection Officielle Un Certain Regard / Grand Prix

the_happiest_day_in_the_life_of_olli_maki_affiche

Olli-Maki-film-critique Olli Maki - coup de coeur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>