Critique : The Divergent Series – Allegiant

On 07/03/2016 by Nicolas Gilson

Avec ALLEGIANT, troisième et avant-dernier opus de la saga Divergent, Robert Schwentke nous confronte à un spectacle plus affligeant que grotesque. Etirant sur près de deux heures les tergiversations d’une protagoniste de plus en plus bête, il nous gave littéralement avec une bouillie nauséabonde dont le seul élément notable serait le soin accordé à quelques tenues. Reflet d’une génération, THE DIVERGENT SERIES a eu raison de notre patience et préfigure, dans la mesure où il rencontrera son public, un avenir aussi déplorable que radieux pour une certaine industrie.

This is fun I’m glad we did this

Alors qu’à la suite de la mort de la « leader » de Chicago, Jeanine, les factions sont abolies et le pouvoir dans les mains d’Evelyn (Naomi Watts qui n’a rien à défendre), Tris décide d’aller voir ce qu’il y a « au-delà du mur ». Il ourdit donc une fuite (comme d’autres établissent une liste de course) et traverse un désert rongé par des toxiques nucléaires courant plus vite que des voitures tout terrain et évitant avec grâce les balles. Mais si Tris franchit le mur dans les bras de Four comme s’il la conduisait en coeur de leur foyer le soir de leur nuit de noces, elle découvre bientôt qu’elle est bel et bien « différente ». Du coup, elle doute, prend confiance, doute, perd confiance, doute encore… en changeant à chaque fois de tenue. Suspens…

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La suite des aventures de l’élue est tellement grossière qu’il n’est plus nécessaire de nous en condenser les enjeux avec l’emploi d’une voix-over. Quelques dialogues suffisent à résumer une situation singée par des figurants et quelques personnages qui apparaissent être leur propre parodie. Aussi lorsque la fuite prend lieu, à défaut de pouvoir songer une seule seconde qu’elle pourrait être avortée, nous sommes atterrés par l’acuité de Robert Schwentke à mettre en scène sans aucun talent et avec beaucoup de sérieux un scénario d’une bêtise confondante. S’il y avait au moins un once de second degré…

You saved the city, help me to save the world

Propulsés de l’autre côté du mur, nous devons mettre de côté toute rationalité. Une gageure nécessaire à ne pas être fatigués par les tribulations d’une héroïne sans aura qui semble peu à peu défiler sur un catwalk, vêtue de blanc pour souligner la pureté que lui prête celui qui s’avère être – oh surprise – le nouveau méchant. Vulgaire base d’un storyboard sur lequel les responsables des effets spéciaux ont du renverser leur café, le scénario a été confié à Noah Oppenheim, Adam Cooper et Bill Collage qui, espérons-le pour eux, n’ont pas été payé en fonction de la pertinence de l’objet.

À une mise en scène pitoyable (les comédiens croient-ils seulement incarner qui que ce soit ?) dominée par une chorégraphie palpable répondent des effets spéciaux d’une nullité manifeste. Alors que la majorité des séquences sont tournées sur « greenkey », l’incrustation est tellement bâclée qu’elle en devient renversante. Nous sommes abasourdis devant un tel ratage, néanmoins amusés par la voix de Four qui semble muer et l’adresse de Tris montée sur talons hauts.

THE DIVERGENT SERIES – ALLEGIANT
DIVERGENTE 3 : Au-delà du mur

Réalisation : Robert Schwentke
USA – 2016 – 110 min
Distribution : Belga Films
Aventure / Science-fiction / Romance

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