Critique : Telle Mère, Telle Fille

On 28/03/2017 by Nicolas Gilson

Retrouvant sa chère CONNASSE (Camille Cottin) mais délaissant sa co-réalisatrice, princesse des coeurs, Noémie Saglio commet avec TELLE MERE, TELLE FILLE une nouvelle comédie. Jouant cavalier seul comme pour TOUTE PREMIERE FOIS, la réalisatrice et scénariste semble avoir le vent en poupe et s’offre Juliette Binoche et Lambert Wilson. Pour notre plus grand plaisir ? Pas Vraiment.

« Allez, hop, hop, hop, la dinde déteste attendre »

A 30 ans, Avril (Camille Cottin) attend un enfant : une décision mûrement réfléchie car l’enfant naîtra alors que son compagnon aura, enfin, défendu sa thèse. Organisée, la jeune femme est très proche de sa mère Mado (Juliette Binoche), une éternelle adolescente, qui vit sous son toit et à ses crochets. Mais à l’annonce de l’heureuse nouvelle la réaction de Mado la surprend tant, au lieu de se réjouir, elle rejette l’idée d’être grand-mère… La mère se meut en fille boudeuse avant que la situation ne se complexifie lorsque Mado se rend compte qu’elle aussi est enceinte.

Telle mère telle fille COPYRIGHT-2016-flamme-films-gaumont-france-2-cinema-pan-europeenne01

D’entrée de jeu le ton est donné : au rythme d’un montage nourri de split-screens (dont le seul intérêt est de donné quelque impulsion dynamique), nous découvrons par effet de contraste Mado sur un scooter rose Hello Kitty so girly et Avril en mode ménagère dont le sac de commissions se déchire fatalement devant l’entrée de son immeuble. « C’est la souffrance qui m’aide à me dépasser : tirez-moi les cheveux, faites-moi pleurer » nous chante M afin, sans doute, de nous prévenir. Avant que le moindre enjeu narratif ne prenne place, Mado est identifiée à la couleur rose et Avril au bleu. La première sera irrationnelle, l’autre son opposé. Merci l’écriture binaire et les clichés – qu’importe l’inversion, primaire et manifeste, des rôles de mère et de fille. « Faites-moi souffrir. »

En mode rock’n'roll, Juliette Binoche irradie néanmoins l’écran. Mais la force de son sourire peine à rivaliser avec la balourdise dont témoigne le scénario et la pauvreté de la mise en scène (résumons : un découpage grossier et une dynamique de champs/contre-champs aux raccord douteux quelques fois agrémentée d’effets de travelling). Prenez les pire idées de blague qui vous traversent l’esprit (y compris celle où un personnage se mange une porte en verre), osez tous les jeux de mots pourris, caricaturisez des caricatures, n’oubliez pas un petit chien (so cute) qui a sa propre application Tinder et criez action. Avec un peu de chance, vous tomberez sur de très bons acteurs qui peineront à sauver les meubles au risque de perdre toute crédibilité (et sur d’autres dans leur élément).

TELLE MERE, TELLE FILLE

Réalisation : Noémie Saglio
France – 2017 – 93 min
Distribution : Cinéart
Comédie

Telle mere telle fille affiche

Telle mère telle fille COPYRIGHT-2016-flamme-films-gaumont-france-2-cinema-pan-europeenne04Telle mère telle fille COPYRIGHT-2016-flamme-films-gaumont-france-2-cinema-pan-europeenne06

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>