Critique : Tamara

On 25/10/2016 by Nicolas Gilson

Adaptation réussie de la bande-dessinée éponyme, TAMARA nous plonge dans les affres de l’adolescence avec humour et inventivité. Le film laisse-t-il penser à un pilote d’une série que nous prendrions plaisir à suivre les aventures de son héroïne et de son entourage. Des personnes imaginés avec soin par Alexandre Castagnetti et Benoît Drousie auquel Alexandre Castagnetti donne vie avec un casting brillant (et commercialement intelligent) dominé par Héloïse Martin, Sylvie Testud, Cyril Gueï et Oulaya Amamra (la révélation de DIVINES).

« Ça va, je suis grosse, pas débile. »

Lasse des remarques perfides et gratuites, Tamara, une jeune fille complexée de 15 ans, fait un pari avec sa meilleure amie Jelilah dans l’optique de clouer le bec au pimbêches : elle sortira avec le prochain garçon qui pénétrera dans sa classe. Pas de chance ou au contraire, il s’agit du nouveau, assurément la bombe sexuelle de l’établissement.

Tamara

L’ouverture est époustouflante. Une séquence en noir et blanc met en scène une incroyable protagoniste qui, arrivant au lycée, en impose à tous et à toutes. Héroïne du quotidien, Wonderwoman qui aurait ingéré Rihanna et Beyoncé, Tamara est le temps d’une chorégraphie endiablée l’icône d’une pleine génération… dans sa tête. L’imagination débridée de l’adolescente est rapidement confrontée à la réalité : débarquer au lycée en étant banalement ordinaire et en témoignant d’un embonpoint demande une bonne dose de courage et de répartie.

Séquence après séquence, comme autant de vignettes, Alexandre Castagnetti propose un portrait croisé d’une galerie de personnages dont Tamara serait la figure centrale. Noircissant joyeusement le trait, il exacerbe l’énergie fougueuse et absolue de l’adolescence tout en croquant savoureusement la réalité non moins pétillante de sa mère et de ses amours aussi absolues et tumultueuses. Au fil des saisons nous rions avec Tamara dont la gourmandise ne se limite pas qu’aux macarons tant elle croque dans la vie, s’élançant sans filet, pour notre plus grand bonheur.

Sympathique et à dessein artificielle, la mise en scène est efficace, exacerbant avec acuité tant l’énergie que l’imaginaire de l’héroïne. Manque-t-elle de singularité – mais aussi de rythme – qu’elle nous confronte à quelques envolées mirifiques à l’instar d’un premier baiser qui transcende proprement le cosmos.

TAMARA

Réalisation : Alexandre Castagnetti
France / Belgique – 2016 – 103 min
Distribution : Scope Pictures
Comédie / Romance

Tamara_film_affiche

Tamara - le beau gosse Tamara - le baiser cosmique

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