Critique : Sous Le Même Toit

On 18/04/2017 by Nicolas Gilson

Dans la catégorie comédie ratée, SOUS LE MEME TOIT mérite les honneurs. Ce mariage d’un thème éculé au point d’être ringard (le divorce) et de la crise, sous l’angle de la comédie balourde, fait peine à voir. Troubadour de la sottise, Dominique Farrugia semble fatigué. Ou, du moins, nous fatigue-t-il dès lors que la pauvreté nous paraît être un sujet, pas un prétexte.

sous le meme toit frigo

Après 15 ans de vie commune, Yvan (Gilles Lellouche) et Delphine (Louise Bourgoin) sont divorcés depuis peu. Le jugement leur accorde une garde partagée, mais Yvan est sans boulot et sans appartement. En pleine galère, il se rappelle qu’il est propriétaire de 20% de la maison où demeure Delphine et leurs deux enfants. S’impose une « colocation » qui n’est pas au goût de Delphine – qui n’envisage toutefois pas de recours légal…

« Sérieux, là ? Putain… »

D’entrée de jeu le caractère lourd dingue de l’approche s’impose avec le recours à la structure narrative de l’évocation (lors d’un mariage pour marquer le contraste). En plus d’être débilisante, cette « facilité » d’écriture (ou pauvreté) mélange plusieurs points de vue sans que l’ensemble ne tende à la moindre cohérence. Il s’agit de raconter, de manière unique et dictatoriale, un récit paradoxalement à plusieurs voix : celles d’Yvan (qui tient la jambe à un pauvre type qui, comme nous, n’a rien demandé), de Delphine (qui fume un joint dont nous aurions bien besoin pour sourire) et de leurs enfants.

sous le même toit rires

La caractérisation des personnages donne envie de pleurer tant ils sont tous plus clichés les uns que les autres sans présenter l’intérêt d’être inscrits dans la réalité – si ce n’est une parenthèse sur le harcèlement à l’école qui, comme la situation mère, n’est qu’un prétexte à rire. Un paradoxe puisque c’est justement cette réalité qui est censée être motrice d’une intrigue dépourvue de psychologie (du moins faut-il l’espérer afin de ne pas taxer le film de misogynie) et de logique. Jouant (avec lui-même) au concours de la meilleure réplique, Dominique Farrugia additionne des sketches qui, faute de nous faire sourire, nous conduisent à lever les yeux au ciel. Relevons le caméo, sans doute la scène la plus grotesque du film, dans lequel il joue un handicapé moteur ou la lamentable idée du « self-cul » (embrassante).

Osant la référence à KRAMER VS. KRAMER, Dominique Farrugia semble oublier que Louise Bourgoin n’est pas Meryl Streep ni Gilles Lellouche, Dustin Hoffman (du moins sous sa direction). La mise en scène (comme le scénario) est d’une pauvreté affligeante. Si tout paraît artificiel, la photographie comme le son posent techniquement question. Mais peut-être est-il préférable être dans le flou… Après tout, il suffit de tendre l’oreille pour entendre le sentimentalisme ambiant, le pathétisme de la musique ou crier Louise Bourgoin. Epinglons encore l’« intertextualité » pour les nuls. « You are so beautiful », ou pas.

SOUS LE MEME TOIT

Réalisation : Dominique Farrugia
France – 2017 – 93 min
Distribution : Belga Films
Comédie

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