Critique : Rogue One – A Star Wars Story

On 13/12/2016 by Nicolas Gilson

Opération commerciale de haut vol signée en 2012, le rachat par Disney de Lucas Film conduit à la planification de nombreux spin-off dont ROGUE ONE est le premier opus. Réalisée avec panache par Gareth Edwards, cette histoire « Star Wars » est un pur divertissement dont les novices peuvent profiter sans réelle frustration. Rempli de clins d’oeil pour les uns et de références pour les autres, le spectacle repose sur un scénario intelligible des plus manichéen qui présente l’intérêt d’offrir un premier rôle à un personnage féminin.

Ouvrant le film sur un prologue, ROGUE ONE se distancie de la logique jusqu’alors employée consistant à situer l’action par l’emploi d’un intertitre défilant. Ainsi, avant de nous emporter dans le présent relatif de l’aventure, nous en découvrons les prémisses à travers le regard de celle qui va en devenir l’héroïne. Retrouvé par l’Alliance, Galen Erso (Mads Mikkelsen) décide de suivre Orson Krennic (Ben Mendelsohn) afin que sa fille, Jyn, leur échappe et rejoigne le rebel Saw Gerrera(Forest Whitaker). Aussi prosaïque soit la mise en place narrative, la beauté des paysages et la qualité des effets spéciaux ont l’intérêt de nous en mettre plein la vue.

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Un constat également valable pour l’installation en tant que telle des enjeux qui repose sur un dialogue résolument informatif. Bref, 15 ans plus tard, en échange de sa liberté, Jyn (Felicity Jones) est sommée de rejoindre un commando rebelle afin de retrouver son père. Il aurait mis au point une arme capable de détruire les planètes : l’Etoile Noire.

Pensé par John Knoll (qui supervise les effets spéciaux), le récit a pour scénaristes les pères de Jason Bourne et de Cendrillon (version 2015) : un mariage de l’eau et du feu – ou est-ce l’inverse – qui tend néanmoins à un bel équilibre. Bien que trop ramassé dans sa dernière partie (mais sans doute faut-il y voir un teasing pour un prochain épisode – quitte à ce qu’il existe déjà), le scénario repose sur la plus pure efficacité : des caractérisations à la limite de l’archétype, un droïde pour garantir l’humour (autant que la vente de produits dérivés) et une once de sentimentalisme.

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Autant dire que tout spectateur qui, parvenant à faire abstraction de la musique dictatoriale, se met à réfléchir à la question risque d’exploser de rire dans les derniers mouvements du film tant la logique est un élément qui n’a pas été pris en compte dans le processus d’écriture. Mais qu’importe, le monde imaginé par Georges Lucas s’ancre dans une réalité parallèle où la notion de transmission est à mille lieues de toute réalité commune… Situé entre les épisodes III (2005) et IV (1977) de la saga Star Wars, ROGUE ONE doit répondre du « futurisme » premier quitte à ce que l’action vire au ridicule.

Les décors sont stupéfiants comme la mise en lumière signée Greig Fraser qui s’émancipe ponctuellement de toute cohérence, mais crée de réels tableaux. Ne cherchant pas à magnifier les combats (ce qui n’empêche pas une hécatombe de stormtroopers qui ne semble faire sourciller personne), Gareth Edwards parvient à une dynamique explosive non dépourvue d’un certain réalisme. Aussi paradoxal puisse-t-il être, celui-ci repose sur le jeu des acteurs et sur l’intensité que le réalisateur parvient à transcender au-delà d’un décorum dont il semble s’amuser.

ROGUE ONE – A STAR WARS STORY
♥♥
Réalisation : Gareth Edwards
USA – 2016 – 134 min
Distribution : Disney Belgium
Action / Science-Fiction

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