Critique : Retour Chez Ma Mère

On 31/05/2016 by Nicolas Gilson

Retrouvant à l’écriture de RETOUR CHEZ MA MERE Héctor Cabello Reyes, son co-scénariste de toujours, Eric Lavaine déploie sous l’angle de la comédie une kyrielle d’enjeux pertinents – de la précarité financière moteur premier de l’intrigue à la sexualité des personnes (plus) âgées – toutefois noyés dans une absence de réalisme dommageable. Comme (trop) souvent dans le cinéma français, alors que pour une fois l’intrigue se passe en province, les personnages mènent une vie (très) confortable alors que la situation de départ-même est la précarité à laquelle doit faire face la protagoniste. Le malheur des gens n’est vendeur que dans ce qu’il a de pittoresque…

Retour chez ma mère - Josiane Balasko - Alexandra Lamy

Suite à la mise sous liquidation de son cabinet d’architecture, Stéphanie est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Si la situation est loin d’être un sinécure pour la quadragénaire qui cherche activement un emploi, elle n’est pas non plus idyllique pour sa mère. Aussi généreuse soit-elle, celle-ci a l’amour en tête et le retour soudain de sa fille, en plus de perturber un quotidien millimétré, l’empêche de batifoler comme bon lui semble.

Après un générique qui laisse présager le pire – une séquence clipée qui résume la perte de statut de Stéphanie, passant du coupé à l’autobus – la mise en place est efficace. Confronté au retour chez sa mère du personnage, nous en découvrons conjointement les raisons et la personnalité – très marquée – des personnages. Rapidement, nous comprenons que les enjeux ne sont (ni ne seront) sociaux ou réalistes. La situation est un prétexte. Pourquoi pas. Après tout le scénario trouve quelque volume dans la confrontation entre deux générations « adultes » qui n’osent pas dialoguer sincèrement. Un drame familial assez commun.

Portant le choix de ne pas épouser le simple point de vue de sa protagoniste, Eric Lavaine nous rend complice de l’ensemble des personnages – du moins Stéphanie et sa mère – en nous confrontant à leurs perceptions propres d’une situation que nous envisageons de manière globale. Une tactique vaudevillesque assez classique – les claquements de portes ne sont d’ailleurs pas loin – qui a l’avantage de fonctionner. Passons sur une certaine dispersion, le découpage aussi plat que systématique et la musique enrobante… et apprécions les situations « communes » dans lesquelles chaque spectateur peut se retrouver.

Interprété avec vitalité par un casting charmant, RETOUR CHEZ MA MERE séduit toutefois par le soin accordé aux détails des costumes, des décors et des accessoires. Car aussi distancié le scénario puisse-t-il paraître, la réalisateur trouve là un écho savamment réaliste qui ancre pleinement la caractérisation de ses personnages – du pantalon blanc de Stéphanie à la chainette des lunettes de sa mère.

RETOUR CHEZ MA MERE

Réalisation : Eric Lavaine
France – 2016 – 97 min
Distribution : Alternative Films
Comédie (bourgeoise)

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