Critique : Power Rangers

On 04/04/2017 by Nicolas Gilson

Cousins bâtards de Bioman, les Powers Rangers sont la version made in USA so 90′s des séries japonaises « Super sentai ». Après 18 saisons et deux tentatives de s’imposer au cinéma, la franchise s’offre un reboot à ce point grandiloquent qu’il en devient franchement risible. Reposant sur un scénario d’une stupidité crasse (la crétinerie des personnages comme des enjeux fait peine à voir) et mis en scène sans aucun talent par Dean Israelite, ce redémarrage frôle la série Z sans jamais l’assumer. Pourtant, ça là que le film trouve quelque intérêt. Go Go Power Rangers (ou pas).

_KF27477.NEF

Avant que ne prenne place une longue introduction (plus de 80 minutes), le film s’ouvre sur un prologue où nous sommes plongés en pleine ère de Cénozoïque lorsque Zordon (Bryan Cranston méconnaissable) protège le pouvoir des Power Rangers de la maléfique Rita (Elizabeth Banks qui devrait changer d’agent). Le décor apocalyptique et le ridicule des effets spéciaux laissent-ils alors présager le pire que nous sommes servis dès la prime introduction de l’introduction. Car afin d’asseoir le redémarrage, l’optique envisagée est de présenter les héros en devenir. Et évoquer des caricatures serait une insulte au terme.

Alors que rien n’est plus improbable que l’hypothèse même des Power Rangers et du combat qu’ils vont devoir mener contre le mal (incarné par une femme monstrueuse qui, avant d’avoir soif de pouvoir, était vertueuse), le scénario commis par John Gatins s’attarde à esquisser la réalité des adolescents (pubères depuis bien longtemps) dont aucun élément n’est toutefois crédible. Nous faisons face à une absurde projection fantasmagorique de personnages dénués d’intérêt sur lesquels il s’agit de coller des sentiments et des intentions « égoïstes » pour nourrir ensuite une dynamique de groupe. So 2017, ils représentent la diversité ethnique des USA tout en ayant, fatalement, comme leader un homme caucasien (et champion de football américain va-t-il de soit).

_KF30191.RAF

Bref, les personnages trouvent-ils par hasard très rapidement les pierres leur conférant de supers pouvoirs que leur transformation tarde à se mettre en place. Entre clichés et pathos, nous nous ennuyons ferme malgré un sympathique robot et quelques rares répliques amusantes. Parallèlement, la vilaine Rita parvient à interrompre le comptage des faux raccords et des incohérences scénaristique en nous invitant à constater, non sans désolation, l’inacuité de Dean Israelite à mettre en scène un film d’action…

Mais tout vient à point à qui sait attendre et, après avoir éprouvé la découverte d’un esprit d’équipe (renforcée par une des pires reprises musicales de l’histoire du cinéma), nous pouvons enfin nous régaler du combat entre les Powers Rangers et Rita. Comme dans les épisodes de la série télévisée, l’affreuse fait surgir une armée de monstres composés de terre et de rocailles. Presque copiés-collés des plus succulants films de Série Z, ils sont garants d’éclats de rire renforcés par le sérieux avec lequel les comédiens (Naomi Scott ,Becky G., Ludi Lin ,RJ Cyler et Dacre Montgomery) tentent de se persuader que, dans leur char d’assaut en forme de dinosaure, ils sont effectivement en train de combattre des monstres aussi impressionnants que les pirates d’une parade Disney. Notre excitation sera à son comble lorsque le mythique « Go Go Power Rangers » résonnera (une fois), mais retombera tant la stupidité du scénario est manifeste. Aïe aïe aïe Rita.

POWER RANGERS

Réalisation : Dean Israelite
USA / Chine – 2017 – 124 min
Distribution : Belga Films
Action

power_rangers_affiche

power rangers - la méchante

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>