Critique : Passengers

On 27/12/2016 by Nicolas Gilson

Après le succès de THE IMITATION GAME, Morten Tyldum continue son ascension dans les sphères hyllowoodiennes. Avec PASSENGERS, le réalisateur norvégien est propulsé dans l’orbite d’un genre périlleux : la science-fiction. Signe-t-il un divertissement efficace que le scénario qu’il met en scène demande au spectateur d’être bien crédule tant il est débile. Emporté par les interprétations de Chris Pratt et de Jennifer Lawrence – ou du moins par leurs courbes – le produit (formaté et bourré d’effets démonstratifs – l’antivomitif cinématographique) se consomme comme un menu d’une grande chaine de fast-food.

passengers critique

En route pour une colonie spatiale, l’Avalon subit quelque détérioration en rencontrant des météorites. Censé auto-gérer son trajet en pourvoyant aux réparations nécessaires, le vaisseau spatial témoigne de quelques dysfonctionnements. Parmi ceux-ci, la fin de l’hibernation d’un des passagers : Jim Preston (Chris Pratt). Seul à se réveiller, le technicien découvre qu’il n’arrivera jamais en vie à destination. En effet, sur les 120 années que dure le trajet seules 30 se sont écoulées…

Signé Jon Spaihts (co-scénariste de PROMETHEUS et de DOCTOR STRANGE), le scénario de PASSENGERS apparaît être le vulgaire prétexte à la réunion à l’écran de Chris Pratt et de Jennifer Lawrence qui, fatalement, vont s’éprendre l’un de l’autre. Afin d’éviter tout « spoil » – bien que la simple présence sur l’affiche de l’actrice en constitue un en soi – contentons-nous d’envisager l’amorce narrative. Sur un vaisseau prévu pour le confort de 5.000 passagers qui seront réveillés quatre mois avant leur arrivée, Jim, d’abord désespéré, jouit d’une situation inédite avant de sombrer dans une certaine folie. C’est là qu’il découvre Aurora Lane (Jennifer Lawrence) dont il tombe amoureux en un regard.

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Pour figurer le temps qui passe, l’homme étonnamment posé en objet (Chris Pratt est ici une sorte d’Apollon musculeux) se retrouve barbu (tandis qu’après 30 ans de sommeil, il avait les joues aussi lisses que la peau d’un nourrisson). Un élément qui perd son intérêt dès lors que Jim sera rejoint par celle dont la coupe de cheveux et la décoloration n’évolue pas d’un iota sur une durée prétendue de plusieurs mois… Mettons de côté toute considération logique et ne tentons dès lors pas de comprendre la ligne scénaristique tant elle ne tient pas la route. Résumons l’idée : le musculeux et badin Chris Pratt s’envoie en l’air avec Jennifer Lawrence dont la pièce maîtresse de la garde-robe est un maillot de bain blanc à demi-translucide qui lui moule admirablement le cul. Ils s’aiment, s’engueulent à cause des rares enjeux de l’histoire qui, surprise, pourraient les réunir…

S’il n’y a bizarrement qu’une seule cantine, un seul restaurant et un seul bar sur l’Avalon, le maigre intérêt du film (outre le couple, mirroir d’une surpenante réification) est à trouver dans l’acuité du réalisateur à faire avaler une pillule aussi énorme que le vaisseau spacial. Jonglant avec les effets spéciaux, il montre qu’il est « un bon faiseur ». Espérons pour lui que son aptitude à l’impersonnalité lui ouvre quelques portes qui lui permettront de se révéler à nouveau un cinéaste avec un point de vue. Notons encore que Thomas Newman (pourtant compositeur de la musique de WALL-E, SPECTRE ou FINDING NEMO) signe ici l’une des pires bande-originales de l’histoire du cinéma.

PASSENGERS

Réalisation : Morten Tyldum
USA – 2016 – 117 min
Distribution : Sony Pictures Belgium
Science-fiction / Romance

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