Critique : Life – Origine Inconnue

On 18/04/2017 by Nicolas Gilson

Malgré l’inénarrable CHILD 44, Daniel Espinosa reste une valeur sûre des studios US avec pour preuve la charge de la mise en scène de LIFE (Origine Inconnue). Réunissant un casting des plus impressionnant autour d’un scénario catastrophe nourri de cynisme, le réalisateur suédois signe un divertissement efficace qui nous tient en haleine d’un bout à l’autre. Prenez garde : quand on joue avec le feu, il arrive qu’on se brûle. L’humanité aussi.

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A bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage analysent des échantillons en provenance de Mars et parviennent à isoler une bactérie qu’ils réaniment en quelques tours de manivelles (et de changements atmosphériques). Suivant les protocoles de sécurité à la lettre, ils vont d’analyse en expérience dans leur laboratoire ultra-sophistiqué. La nouvelle est d’envergure pour l’humanité toute entière aussi la course à la médiatisation bat son plein jusqu’à organiser un chat-live avec l’équipage. Mais l’entité martienne qui est alors prénommée Calvin n’apprécie guère d’être un rat de laboratoire…

Avant que le scénario catastrophe ne se déploie, Daniel Espinosa nous plonge littéralement au coeur de la Station Spatiale Internationale au fil d’un plan séquence où il nous est donné de découvrir l’ensemble des personnages. Il s’agit de ressentir le confinement tout en partageant leur excitation. Les enjeux narratifs sont assis par le recours, assez banal, à une voix-over où la responsable de mission conte grosso-modo son journal de bord. La mise en scène tend à associer le réalisme d’une situation dont le grotesque s’impose pourtant rapidement dès lors que les « tests » prennent place. En quelques bidouillages enfantins, le responsable scientifique parvient à rendre vie à une molécule… Le cynisme de l’écriture s’impose alors. Rhett Reese et Paul Wernick, les scénaristes notamment de DEADPOOL, insufflent en effet au film un caractère hautement sarcastique en se moquant de la course médiatique à laquelle nos sociétés courent… aveuglement. Ils assoient l’idiotie à laquelle personne ne prend garde et que tous encourage. Si vous avez des questions stupides sur la vie dans une station spatiale – y compris les déjections fécales – vous aurez enfin toutes les réponses…

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Qu’importent alors les illogismes (comme éclairer l’extérieur à travers un hublot à la lampe de poche), au fil des jours l’équipage court à sa perte. La science-fiction (plus fiction que scientifique) vire au thriller, l’expérience au combat pour leur survie… et bientôt celle de l’humanité. La surenchère frôle le ridicule, mais au vu de la paire de scénariste, c’est pleinement assumé. Et autant dire que l’exercice de mise en scène est tel que l’évolution narrative, aussi risible soit-elle, ne le paraît pas.

Daniel Espinosa signe une jolie démonstration, à la première scène en plan séquence assez bluffante – même si elle ne sert qu’à nous en mettre plein la vue – répond un dynamisme assez hallucinant qui nous fait ressentir le huis-clos dans lequel est enlisé l’équipage (et ce même si nous n’avons au final aucune notion de l’espace de vie des personnages). Les effets spéciaux sont soignés, Calvin étonnamment crédible – même si étrangement très anthropomorphique Si le trait est quelquefois épais – entre l’enrobage musique grandiloquent et le point de vue subjectif de l’entité martienne – le divertissement fait mouche. Epinglons un jeu très convainquant de la part de l’ensemble du casting – Jake Gyllenhaal en tête.

LIFE
Life – Origine Inconnue
♥/♥♥
Réalisation : Daniel Espinosa
USA – 2017
Distribution : Sony
Science-fictionLife_affiche_poster

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