Critique : Le Serpent Aux Mille Coupures

On 08/04/2017 by Nicolas Gilson

Palme de la misogynie, LE SERPENT AUX MILLE COUPURES fait souffrir nos oreilles au fil de dialogues qui assoient la balourdise d’un scénario d’une platitude crasse malgré ses nombreux rebondissements. Eric Valette signe pourtant l’adaptation du roman éponyme avec son auteur, DOA. Malgré un saisissant casting – du moins sur papier – nous avons vécu un calvaire.

Le serpent aux mille coupure - Erika Sainte

Sud de la France, une bande d’agriculteurs racistes s’en prennent à Omar et à sa famille en raison de sa couleur de peau. Sud de la France la police poursuit un motard qui vient de faire un casse. Sud de la France des truands se rendent à un rendez-vous avec d’autres truands. Sud de la France, le motard fugitif se retrouve malencontreusement sur le lieu de rendez-vous des truands ou les premiers arrivés veulent l’abattre. Ils les tuent et prend la fuite chez Omar. Lorsque les autres truands arrivent, ils décident de maquiller le carnage. Sud de la France, d’autres flics arrivent sur les lieux du crime qui a été déplacé 20 kilomètres plus loin. Sud de la France un avocat colombien débarque avec un mystérieux asiatiques au comportement « chelou ». Sud de la France, n’oublions pas la petite amie d’un des truands, les amis racistes d’un témoin du crime et le barman antipathique. Mais n’ayez crainte, c’est tellement plat que c’est aussi digeste et savoureux qu’un MacDo.

S’il y a sans conteste une intrigue, la problématique du scénario réside dans sa construction tant à force de passer d’un point de vue à un autre, le film en est dépourvu. Impossible dès lors d’avoir de l’empathie pour qui que ce soit, et comme les enjeux du thriller consistent en la survie des personnages… autant dire que l’intérêt est limité (voire inexistant). Nous pouvons accepter que la logique du genre appelle à la caricature (même si nous nous demandons si depuis les années 1970 l’accent italien  appuyé d’un des personnages n’est pas prohibé), mais celle-ci devient outrancière sans pour autant être grotesque car la démarche est sérieuse – comme en témoigne une mise en scène grandiloquente et pourtant ratée. Petit précis de la misogynie, le scénario mérite sans doute la palme des personnages féminins les plus fades (qu’importe la volonté des actrices de leur offrir quelque âme). Vous allez aller dans la cuisine, vous allez nous faire à manger. Pitié.

Puisqu’il s’agit d’un film noir, Eric Valette opte pour un éclairage le plus sombre possible. Une lumière qui n’a rien de naturaliste au centre de laquelle les comédiens s’exercent à une chorégraphie risible qui, sans l’orchestration atmosphérique et dictatoriale, tiendrait du pastiche. L’ensemble flaire le story-boarding et l’envie de pleurer nous prend quand nous nous rendons compte que Jean-François Hensgens signe la photographie et Catherine Cosme les décors (épinglons les néons de la cuisine, où Erika Sainte est sans cesse renvoyée, qui nous aveuglent sans rien éclairer). Une purge.

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LE SERPENT AUX MILLE COUPURES

Réalisation : Eric Valette
France / Belgique – 2017 – 107 min
Distribution : Distri7
Thriller

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