Critique : Kong – Skull Island

On 07/03/2017 by Nicolas Gilson

Premier opus d’une franchise en devenir, KONG : SKULL ISLAND se présente comme le prequel des aventures du célèbre King Kong – ce héros du cinéma fantastique, né dans l’imaginaire d’Edgar Wallace et de Merian C. Cooper, porté à l’écran en 1933. Aux commandes de ce blockbuster au scénario aussi creux qu’efficace, Jordan Vogt-Roberts signe une mise en scène époustouflante. Atmosphérique à souhait le film propose une immersion réaliste au coeur d’une fiction qui s’émancipe de toute crédibilité.

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En guise de prologue, afin d’attiser notre curiosité et de nous en mettre passablement plein la vue, le film s’ouvre sur l’épisode du crash d’un avion américain sur une île au coeur du Pacifique. Le pilote survit-il à son parachutage au timing parfait (défiant les lois de la gravité il atterrit à l’instant même où son avion se fracasse au sol) qu’il se retrouve dans la situation absurde de voir un pilote japonais dans la même situation que lui… S’en suit un chassé-croisé dont nous sommes les spectateurs amusés jusqu’à l’apparition, terrifiante, d’un immense gorille : Kong.

Après cette séquence où s’entremêlent absurde et terreur (assez grossière voire grotesque), Jordan Vogt-Roberts enchaine les images d’archives le temps d’un générique offrant au film un ancrage réaliste. Nous faisons un bond dans le temps, jusqu’en 1973, alors que la guerre du Vietnam touche à sa fin (une vision pluri-ethinique un peu trop lisse d’une Amérique qui semble vouloir réinventer son multiculturalisme en faisant fi de tout racisme). L’introduction des personnages est alors houleuse tant en transpire un prétexte narratif dont la finalité est de nous mener sur « L’île du crâne » (Skull Island) – où nous savons que les attend Kong. En vrac, des scientifiques allumés, des militaires en désir d’action, un érudit chasseur de prime et une photographe de guerre se dessinent comme les principaux rôles secondaires d’une aventure dont le réel héros est virtuel. Qu’importe que l’on s’y perde, l’équipe a droit à un briefing qui est a plus belle de manière de rendre crédible ce qui ne l’est pas : bref, nous voilà mis en condition.

Si sans surprise les personnages atteignent l’île, l’action qui prend place n’est pas inintéressante. Car derrière des enjeux triviaux, le scénario est nourri d’éléments assez pertinents à l’instar du caractère polluant de l’invasion militaire – une pollution démultpliée à l’envi dont la lecture peut être très critique. Nourri de manichéisme, le scénario qui se développe gentiment (sans que les personnages ne gagnent en crédibilité à l’instar de la photographe jouée par Brie Larson qui ne semble pas comprendre comment fonctionne son appareil) devient toutefois secondaire tant le spectacle est de taille. Le travail sur le son nous plonge littéralement au coeur de l’île dont la faune et la flore ne cessent de nous surprendre (au grand dam de nombreux personnages). Brillant chef d’orchestre, Jordan Vogt-Roberts signe, grâce à des effets spéciaux et sonores admirables, une réalisation à couper le souffle. A-t-il conscience du caractère surrané du scéanrio qu’il teinte son approche d’humour dont le manque de finesse est étonnament appréciable.

KONG : SKULL ISLAND
♥♥
Réalisation : Jordan Vogt-Roberts
USA / Chine – 2017 – 118 min
Distribution : Warner Bros.
Action

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