Critique : Je Suis Resté Dans Les Bois

On 17/01/2018 by Nicolas Gilson

Joyeux ovni dans le paysage de la production belge, JE SUIS RESTE DANS LES BOIS questionne le rapport à la création au fil d’un scénario riche de ses mises en abyme. Menée autant qu’emportée par Michaël Bier, Erika Sainte et Vincent Solheid, cette irradiante comédie se concenre sur un plateau de tournage où s’enchainent les accidents. Se moquant habilement des états-d’âme d’un artiste dont nous devenons intimes, voguant dans les eaux troubles du souvenir et de la nostalgie, l’ensemble se révèle jubilatoire.

Je-suis-resté-dans-les-bois-solheid-murgia-eklektik_productions

Artiste plasticien, Vincent (Solheid) s’entoure d’Erika (Sainte) et Michaël (Bier) afin de mettre en scène, en vidéo, les souvenirs qui seront au coeur de sa prochaine exposition. Ils créent une série de tableaux qui, à mesure de leur re-création, les emportent au coeur de l’évocation d’épisodes clés de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte de Vincent. Une mise à nu qui confronte les souvenirs du protagoniste à la réalité.

D’entrée de jeu le code est donné. S’ouvrant sur une parenthèse récréative où Vincent, tel un gamin, joue au football, le film assoit l’hypothèse de mise en abyme. A la couleur première, à la mobilité du cadre et au résille du son, répond une esthétique léchée, en noir et blanc, d’un plan fixe où l’artiste rejoue un souvenir. Le rire s’impose comme le second degré de l’approche. L’égocentrisme possible de la démarche est habilement mis à mal. Est-il agaçant que Vincent se révèle touchant tant chaque tableau – et leur réalisation – témoigne de se failles. Une faillibilité qui, conjointement à un sentiment de nostalgie, rend son parcours commun si pas universel.

Je-suis-resté-dans-les-bois-solheid-eklektik_productions_0

Exacerbant le trouble d’un artiste en pleine création, le film joue avec celui que les réalisateurs/acteurs entretiennent avec la réalité. Que l’on connaisse ou non leur travail, l’éventail de mises en abyme, au fil d’un tournage de plus en plus foireux, a quelque chose d’hypnotisant tant de menus détails rendent l’ensemble vérisimilaire – à l’instar du figurant qui aime bien son costume (à chacun son ego).

A mesure que les tableaux et leur fabrication s’enchainent, le développement narratif – où la place, nous le sentons bien, est laissée à de heureux accidents – est d’autant plus désopilant qu’il révèle le caractère humain de Vincent. Un contraste qui enrichit un comique de situation réjouissant. Un premier long-métrage collectif auquel l’habile réalisation confère quelque chose qui tient du féérique.

JE SUIS RESTE DANS LES BOIS
♥♥(♥)
Réalisation : Michaël Bier, Erika Sainte & Vincent Solheid
Belgique – 2016 – 83 min
Distribution : O’Brother
Comédie

Be Film Festival 2016

jesuisrestedanslesbois-afficheJe-suis-resté-dans-les-bois-sainte-bier-solheid-eklektik_productionsmise en ligne initiale le 25/04/2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>