Critique : Ghostbusters (2016)

On 08/08/2016 by Nicolas Gilson

Scénarisé par Katie Dippold et Paul Feig, et mis en scène par ce dernier, GHOSTBUSTERS version 2016 est une farce qui tourne en dérision le masculinisme de la production cinématographique américaine tout en singeant le cinéma platement commercial dont il relève pourtant. Dans la lignée de SPY (2015), THE HEAT (2013) et BRIDEMAIDS (2011), ce « reboot » est un divertissement qui ne fera pas date mais qui se laisse regarder en se révélant, au-delà d’un scénario boiteux, moins crétin qu’il n’y paraît – sans pour autant voler bien haut.

Ghostbusters-2016

Professeur bientôt titularisée, Erin Gilbert (Kristen Wiig) panique lorsque Ed Mulgrave (Ed Begley Jr.) vient lui demander de l’aide, évoquant l’apparition d’un fantôme, muni d’un ouvrage sur le paranormal qu’elle a co-signé avec Abby Yates (Melissa McCarthy). Persuadée que cette publicité peut la discréditer, Erin va trouver son ancienne amie afin qu’elle respecte l’engagement d’enterrer cet ouvrage qui ne repose sur aucune donnée scientifique. Abby accepte à condition qu’Erin l’introduise auprès d’Ed Mulgrave. Les camarades de hier font alors face à un ectoplasme en colère.

Un reboot 100% féminin de la franchise S.O.S. Fantômes.

Pensé (ou gonflé) en 3D, récréatif et sans prétention, GHOSTBUSTERS s’ouvre sur une séquence digne d’une attraction de fête foraine qui a l’avantage de donner le ton. Si d’entrée de jeu la finesse du scénario comme de la mise en scène font défaut, nous nous rendons rapidement compte que Paul Feig n’a pas la prétention d’égaler le film original de 1984. Il s’amuse clairement avec sa co-scénariste et, au fil de la réalisation, avec ses actrices. L’évolution narrative tient à peine debout – en même temps le paranormal n’est pas le sujet le plus pragmatique qui soit – et devient le terreau d’une comédie fantasque dont la vulgarité (au double sens du terme) devient l’élément moteur.

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L’action peine-t-elle a se mettre en place que la comédie s’impose. Les ficelles sont épaisses, le rire gras. Une nouvelle fois Katie Dippold et Paul Feig composent des personnages féminins qui mettent à mal les codes du cinéma commercial américain en leur accordant des caractéristiques habituellement masculines. Cette inversion des normes, relativement féministe, manque d’autant plus de finesse que l’exagération (toute caricaturale) semble être le fer de lance de la production. C’est ainsi qu’une fois réunies les comparses trouveront un secrétaire (Chris Hemsworth impayable) aussi plastiquement parfait que foncièrement crétin. Au-delà, le réalisateur se moque de la dérive du placement de produits tout en trouvant par ce biais la possibilité de jouer le jeu… S’inscrivant pleinement dans « l’air du temps », GHOSTBUSTERS est, sur plusieurs degrés, un reflet assez évocateur de notre société occidentale consumérique.

Pouvant laisser à penser au pire du cinéma des années 1980 et 1990, GHOSTBUSTERS parvient pourtant à nous séduire tant jamais le film ne se prend au sérieux. Epinglons encore le carrousel de guest-stars, dont le défilé est un hommage au film d’Ivan Reitman, et l’interprétation toute « girl power » de Leslie Jones.

GHOSTBUSTERS
S.O.S. Fantômes

Réalisation : Paul Feig
USA – 2016 – 117 min
Distribution : Sony Pictures Belgium
Comédie

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