Critique : Ghost In The Shell

On 29/03/2017 by Nicolas Gilson

Portée par Steven Spielberg et le studio DreamWorks, l’adaptation du manga de Masamune Shirow nous plonge dans un univers futuriste fantasmagorique et nous confronte à la notion d’humanité. Reposant sur un scénario bien ficelé malgré le manque de relief de ses rares enjeux, GHOST IN THE SHELL est avant toute chose un pur spectacle graphique mis en scène avec panache par Rupert Sanders (aidé d’une imposante dose de VFX au point que le film paraît n’être ponctuellement qu’animation).

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Conçue par le Docteur Ouelet (Juliette Binoche), Major (Scarlett Johansson) est un cyborg ultra avancé, un bijou de robotique doté d’un cerveau humain. L’avenir de l’humanité aux yeux de Ouelet, mais une arme sophistiquée pour le patron de la Société Hanka Robotic. Un an après sa création, Major fait partie de la Section 9 dont le rôle est de protéger l’humanité – rien que ça – des menaces technologiques… Tandis qu’elle doit faire face à un piratage informatique d’un nouvel ordre, elle commence à mettre en question sa propre destinée.

Se distanciant de la trame narrative première pour mieux s’en approprier l’univers (et ainsi envisager une possible saga en cas de succès financier), les scénaristes tissent une ligne aux enjeux assez maigres afin de nous plonger dans la réalité où évolue Major avant qu’elle ne la remette en question. D’entrée de jeu, l’hypothèse envisagée est mise à plat : « Projet 2571 », Major serait-elle le futur du devenir humain ou un vulgaire outil de son évolution ? Si poser la question revient à y répondre, l’intrigue se développe au gré d’effets visuels le plus souvent bluffants qui parviennent à nous tenir en haleine.

GHOST IN THE SHELL

Archétype de la beauté absolue, Major arbore une visage de cire dont les traits s’effacent tant il est numérisé. Projection d’un certain idéal, son corps oscille entre une blancheur laiteuse et un caractère translucide qui en souligne la vacuité. Elle est une chimère dont l’intérêt réside dans la prise de conscience – et donc de distance (toute relative) – de son état.

Jonglant avec une démultiplication d’effets visuels et envisageant qu’un fond vert est une ouverture vers tous les possibles (où certains évoluent sur le sol comme Jésus sur les eaux), Rupert Sanders donne vie à un univers futuriste dont le caractère caricatural se dissipe étrangement à mesure que s’ancre la narration. Si certaines scènes sont franchement ratées, faute d’en avoir effacé le caractère artificiel, l’orchestration visuelle et sonore a quelque chose d’ensorcelant.

Donnant vie à un personnage qui semble synthétiser tout à la fois celui qu’elle incarne dans LUCY (l’héroïne au green key), HER (l’absolu féminin ici objectualisé) ou UNDER THE SKIN (notamment la chevauchée à motocyclette), Scarlett Johansson convaincra ses fans. On s’étonnera de découvrir Juliette Binoche dans un rôle voulu (trop) maternel par le réalisateur, mais on se réjouira de retrouver Takeshi Kitano au casting tant il offre au film quelque volume (ou une âme).

GHOST IN THE SHELL
♥/♥♥
Réalisation : Rupert Sanders
USA / Chine / Japon – 2017 – 107 min
Distribution : Sony Pictures Belium
Action

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