Critique : Finding Dory

On 21/06/2016 by Nicolas Gilson

Longtemps le plus gros succès en terme de « Box Office » d’une animation Disney ou Pixar, FINDING NEMO avait eu droit à une ressortie en salles pour célébrer, avec le public et en version 3D, son 10 ème anniversaire. Trois ans plus tard, le sequel nous parvient en attendant, peut-être, un cross-over avec FROZEN dont le héros serait à coup sûr le « septopus » qui ponctue cet épisode. Tout produit commercial soit-il, sans être irrésistible, FINDING DORY est aussi séduisant qu’amusant.

I’m okay with crazy

Depuis que Marlin a retrouvé Nemo un an s’est écoulé. L’enfant, aujourd’hui téméraire, ne semble-t-il pas avoir pris une ride que Dory, restée auprès d’eux, témoigne encore et toujours d’une mémoire défaillante. Songeant soudainement à sa propre famille et sujette à un souvenir, elle décide de se mettre en quête de ses parents. Secondée par Marlin et Nemo, elle nage vers quelque côte polluée et se retrouve dans un clinique océanique dont le père héroïque du premier épisode va tenter de la sauver.

Finding-Dory-Dory-Hank-critic

Dory était, à travers sa mémoire de quelques secondes, la surprise de FINDING NEMO ou plutôt l’élément brillant d’un scénario empli d’un anthropomorphisme abscons, de manichéismes divers et de bons sentiments. Autant dire que trouver dans la stimulation de sa mémoire et la résurgence de ses souvenirs une base narrative est une gageure assez surprenante. Mais si l’on est prêts à accepter que son père la surnommait « cupcake », on peut gober bien d’autres choses… Et heureusement, même si elle réduit à néant en une micro-scène l’odyssée que représentait FINDING NEMO (la traversée de l’Océan prend ici quelques secondes) et se moque de l’esprit premier du personnage de Dory, l’imagination des scénaristes est louable.

Faisant écho aux autres caractéristiques du poisson chirurgien comme sa capacité à lire et à dialoguer avec les baleines, le récit emporte le spectateur au coeur d’un institut marin dont se révèle rapidement être issue Dory. Séparée de Nemo et Marlin, après avoir fait de Sigourney Weaver sa nouvelle amie, elle fait la connaisse de Hank, une pieuvre (octopus) qui a perdu un pied qu’elle qualifie savamment de « septopus ». Il est sans conteste le point fort du film, la nouvelle Dory, potache et fantasque – et techniquement épatant dans la mesure où il est ponctuellement translucide et incroyablement mobile.

finding dory

Deux lignes narratives permettent de dynamiser le film au fil de scénettes qui, à défaut de donner au film un rythme fluide, assurent le rire et permettent de sortir du discours sacralisant la famille et les « bons sentiments ». Tandis que Dory doit prendre confiance en elle et en ses souvenirs, les rôles s’inversent entre Marlin et Nemo. On regrettera toutefois l’abondance de flash-back mettant en scène l’enfance de Dory et hantant peu à peu sa mémoire – même si, intelligible par tous, ce truc scénaristique permet un très joli effet d’enchaînement…

Les esprits trop cartésiens doivent par contre laisser leur logique au vestiaire, sans quoi l’accumulation d’inepties, pourtant joyeuses, sera une aventure bien plus exigeante que celle partagée par Dory et ses nombreux amis… Produit avec un grand savoir-faire, FINDING DORY a tout de même le mérite de proposer en sous-texte un discours l’objectif et les enjeux de la remise en liberté des animaux captifs tout en évoquant habilement la pollution.

FINDING DORY
Le monde de Dory
♥♥
Réalisation : Andrew Stanton & Angus MacLane
USA – 2016 – 95 min
Distribution : Disney Belgium
Animation

FINDING DORYFinding Dory Nemo Marlin

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