Critique : Bridget Jones Baby

On 11/10/2016 by Nicolas Gilson

Une bonne décénnie après l’âge de raison, Bridget Jones a pris de la bouteille, perdu quelques kilos et se concentre sur sa carrière de productrice. La célibattante d’hier est aujourd’hui une femme épanouie et heureuse, une quadragénnaire qui demeure certes célibataire et n’a pas d’enfant. Un terreau fertile pour un scénario d’une crétinerie crasse signé par la créatrice du personnage romanesque Helen Fielding avec la complicité de Dan Mazer (le scénariste notamment de BORAT et de BRÜNO) et d’Emma Thompson (la plume cinématographique de NANNY McPHEE). Mis en scène sans panache par Sharon Maguire, le film apparait être un pur produit mercantile qui, cerise sur le gâteau, laisse présager un nouvel opus.

Bridget Jone's Baby

Décidée à tourner la page sur son passé amoureux, Bridget Jones croise malgré elle Mark Darcy alors qu’elle se rend à l’enterrement de Daniel Cleaver. Pour lui changer les idées, sa collègue l’emmène en week-end. Une envolée alcoolisée durant laquelle Bridget retrouve sa libido dans la bras d’un américain (ou plutôt son lit) avant de retrouver quelques jours plus tard ceux de Mark Darcy. S’est-elle protégée que ses capotes écologiques périmées n’ont pas tenu leur rôle de contraceptif. La voici enceinte, ignorant le nom du père. À 43 ans, décidée à garder l’enfant (du moins elle n’envisage à aucun moment le contraire), la femme est face à un dilemme : qui est le père ? Alors que l’amniocentèse pourrait le lui apprendre, Bridget prend peur de l’aiguille – et nous d’elle.

Construit de sketch en sketch, le scénario n’a guère de volume. Abordant de manière très superficielle la « réalité » du personnage, l’écriture tend à être platement efficace, sans jamais développer au-delà de la farce les thématiques abordées ou les enjeux mis en place – ceux-ci n’étant que des prétextes à faire avancer l’action. Nous voyageons entre tarte à la crème et romance à deux balles, en levant les pieds quand nous ne regardons pas désespérément en l’air. Sommes-nous surpris de rire ponctuellement, que nous trouvons le personnage de Bridget plus stupide que jamais. L’amour rend aveugle. Nous ne sommes malheureusement pas amoureux d’elle.

Artificielle, la réalisation peine à trouver son équilibre. Voyant dans la voix-over de Bridget Jones et quelques inscriptions textuelles (quelques fois concommittantes) une solution miracle pour engendrer une complicité entre l’héroïne et les spectateurs, Sharon Maguire signe un film « juke-box » où les séquences s’enchainent sans harmonie. Signalons que le tout est enrobé par une « play-list » aussi riche que celle de chez Basic-Fit.

BRIDGET JONES BABY

Réalisation : Sharon Maguire
Royaume-Uni – 2016 – 115 min
Distribution : Sony Pictures Belgium
Comédiebridget_jones_s_baby_posterBridget-Jones-Baby-critique Bridget-Jones-Baby

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>