Critique : Blair Witch

On 20/09/2016 by Nicolas Gilson

En 1999, un film indépendant à très petit budget (60.000 $) créait l’événement. Faux documentaire qui jouait la carte de la disparition des ses auteurs et du montage des rushes de l’enquête contant leur disparition, THE BLAIR WITH PROJECT reposait sur une dynamique de caméra subjective. Véritable poule aux oeufs d’or pour ses distributeurs, le film donne aujourd’hui naissance à une suite. Produit pour la bagatelle de 5.000.000 $ environ, BLAIR WITCH est une resuce 3.0 du film originel bourré d’incohérences tant scénaristiques qu’esthétiques dont l’objectif est franchement mercantile. Le plus triste, c’est qu’alors que le film ne fonctionne pas, la sauce prend (près de 10.000.000 de recettes le premier week-end d’exploitation) : l’horreur se veut donc bel et bien réelle.

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Les prémisses du scénario laissent pourtant pantois : James, le petit frère de Heather Donahue l’héroïne du premier épisode disparue en 1994, décide de se rendre dans la forêt de Black Hills persuadé qu’il va y retrouver sa soeur. Il a vu une vidéo amateur sur Youtube, trouvée au coeur de la forêt, où elle apparaît. Accompagné d’une apprenti-réalisatrice et d’un couple d’amis, il compte, comme sa soeur, filmer tout ce qui lui arrive. Pour cela, il est muni d’une multitude de caméra dont certaines se fixent sur l’oreille et sont dotées de GPS. Et ils ont même un drone. So 2014. Bref, ils s’enfoncent dans les bois et rien ne va plus.

Mais au jeu de comment faire de l’ancien avec du neuf, les producteurs (et le réalisateur) se plantent lamentablement. Démultipliant le « truc » scénaristique et esthétique hyper simpliste du premier opus, ils tentent de le complexifier en oubliant au passage les conséquences de leur idée. Les images sont-elles censées être montées bout à bout pour redessiner l’aventure qu’on nous prend pour des ânes, délaissant une multitudes de cartes mémoires lorsque des personnages sont laissés de côté à l’instar de seconds rôles utilisés pour dynamiser un scénario grotesque. Le hasard des sources qui disparaissent…

Au-delà, le caractère faussement brut de la réalisation (histoire de nous faire croire que tout est vrai) devient proprement risible tant il contraste avec un habillage sonore tantôt trop net, tantôt artificiel et dictatorial (sans oublier les effets spéciaux). Platement « formaté » le film est, malgré ses multiples rebondissements, lisse comme jamais (à l’image de l’interprétation). Epinglons toutefois la sensation de claustrophobie à laquelle il nous conduit et le travail (notamment spatial) réalisé sur la fameuse maison qui apparaît au coeur de la forêt hantée. Une récompense bien maigre face au calvaire (cinématographique) proposé.

BLAIR WITCH

Réalisation : Adam Wingard
USA – 2016 – 89 min
Distribution : Belga Films
Horreur (ou presque) / Thriller (ou pas)

Blair Witch 2016 affiche

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