Critique : Ballerina

On 13/12/2016 by Nicolas Gilson

Inénarrable aventure d’une fillette orpheline qui désire plus que tout au monde devenir danseuse BALLERINA repose sur un scénario manichéen d’une rare crétinerie. Situé dans le Paris de 1879, le film prend en effet de grandes libertés historiques tout en se risquant à une dynamique foutraque. Manquant étonnamment de fluidité au vu du sujet mis en scène, l’animation est-elle agaçante qu’elle se révèle garante de nombreux fous-rires.

Même balayer elle le fait avec grâce

Décidés à rejoindre Paris, Félicie et Victor s’enfuient de l’orphelinat où ils ont grandi ensemble. Elles rêvent de devenir danseuse, lui inventeur. Ont-ils à peine 11 ans qu’une fois arrivés dans la Ville Lumière, tout leur réussit. Parvenant à intégrer l’Opéra de Paris, Félicie doit prouver qu’elle est capable de danser…

Ballerina

S’il est nécessaire de passer outre le cadre dans lequel s’inscrit l’action – la présentation de l’orphelinat est tellement réductrice qu’elle ne peut même pas être qualifiée de cliché – l’arrivée à Paris des deux personnages vaut son pesant d’or. En bordure de Seine, alors que la Tour Eiffel est en pleine construction (rappelons que sa construction pris effectivement place de 1887 à 1889 nécessitant 250 ouvriers), Félicie et Victor sont rapidement séparés alors que la ville est remplie de couples – véritables silhouettes fantomatiques, d’une rare rigidité, qui figurent proprement à l’arrière-plan. Mais qu’importe, l’un et l’autre ont du répondant… Au bout de quelques enjambées (sans quoi le film aurait duré mille ans), Félicie tombe sur l’Opéra de Paris, y pénètre, découvre l’une des danseuses étoiles et trouve en la femme de ménage sa protectrice.

Une pirouette narrative et hop, voici Félicie dans la classe d’un grand chorégraphe qui lui trouve toutefois la grâce d’un éléphant. Sommes-nous d’accord avec lui que nous découvrons comment en un claquement de doigts la gamine parvient à intégrer une formation classique et à acquérir la grâce nécessaire… En soi, une succession de raccourcis digne des épisodes animés de Barbie qui est toutefois nourrie (contaminée?) par une volonté de rendre le récit contemporain.

Du coup, la gestuelle de Félicie intègre des mouvements dignes des Pop Stars issues de Disney Chanel et elle se retrouve à faire des « battles » ou à flasher sur le « Mister Beau Gosse 1878 ». Est-il nécessaire d’épingler les chansons en anglais ou de souligner les changements totalement illogiques de tenue offrant soudainement à Félicie un mini-short ras du cul « so 2016 » ?

Nous allons de consternation en consternation entre la balourdise de l’écriture (épinglons les flash-back évocatifs ou la caractérisation des personnalités féminines) et la caractère figé de l’approche dont le son est particulièrement mauvais (soit il sonne faux soit il semble carrément absent). L’élément le plus abscons nous vaudra malgré tout le plus gros fou-rire : les réalisateurs intègrent un placement de produit gros comme une maison (celle de l’Opéra de Paris) en attirant plus que de mesure notre attention sur une célèbre marque de ballerine créée… en 1947.

BALLERINA

Réalisation : Eric Summer & Eric Warin
France / Canada – 2016 – 89 min
Distribution : Belga Films
Animation

Bellerina - affiche

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