Critique : Baby Driver

On 01/08/2017 by Nicolas Gilson

Au gré de sa filmographie, Edgar Wright revisite avec légèreté le film de genre. Formé à la télévision – comme à leur époque Robert Altman et John Cassavetes – cet enfant biberonné au Nouvel Hollywood et bercé par Quentin Tarantino signe avec BABY DRIVER un film de gangster pop et musical. Si les enjeux sont maigres, il nous propose une aventure rocambolesque emprunte de romantisme. Drive Baby, drive.

Chauffeur pour un gangster dépourvu de scrupules (Kevin Spacey), Baby (Ansel Elgort) manie le volant comme personne au rythme de ses choix musicaux. Un TOC qui surprend voire inquiète les braqueurs dont il assure pourtant les coups. Alors qu’il lui reste à participer à un ultime braquage, il s’éprend passionnellement d’une serveuse de diner, Debora (Lily James). Prêt à s’enfuir avec elle, il se rend compte que la parole d’un truand n’est pas gage de liberté…

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Une banque. Une voiture s’arrête. Un pouce enclenche « Bellbottoms » de The John Specer Blues Explosion sur un iPod (il y en aura beaucoup). Au volant, un gamin écouteurs aux oreilles. Au rythme des (trois) premiers coups de guitare électrique nous découvrons trois personnages dont la figure de gangster s’inscrit rapidement. La séquence d’ouverture se dessine à mesure que le morceau tourne : braquage, fuite, course-poursuite… Tout est millimétré, chorégraphié. Placés comme spectateurs, nous faisons aussi corps avec Baby dès lors que nous sommes emportés par la musique qu’il écoute.

Quelques dialogues trop écrits nous fondent à un univers dont le protagoniste se tient pourtant distant au point d’être considéré par certains comme demeurés. D’une punch-line à l’autre, lorsqu’ils ne claquent pas comme des feux de Bengale, les échanges sont informatifs racontant au mieux la passivité apparente d’un jeune homme taiseux qui trouve dans la musique un apaisement et dans son arrangement un équilibre.

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Le scénario frôle à dessein la caricature n’évitant aucun écueil tant dans la caractérisation presque outrancière de certains personnages, le manichéisme et la fatalité amoureuse (si le film laisse souvent à penser à THELMA & LOUISE, il lui en manque cruellement les ingrédients principaux dont une once de féminisme). Il est d’autant moins difficile de se laisser prendre au jeu qu’Edgar Wright donne dans une jouissive surenchère au coeur de laquelle Baby demeure une figure angélique (que le réalisateur objectualise tout autant si pas plus que le personnage quasi iconique de Debora).

L’approche est léchée, le montage énergique semble dicté par le rythme de la musique. Celle-ci est tout à la fois génialissime quand il est question des morceaux qu’écoutent Baby et platement atmosphérique et démonstrative lorsqu’elle enrobe l’action. Néanmoins le travail sur le son participe dans une large mesure à assurer un dialogue entre nous et le protagoniste (sujet notamment à des acouphènes). Rien d’extraordinaire au demeurant, mais un divertissement efficace qui a la mérite de nous faire vivres des émotions quelques fois vertigineuses.


Baby Driver: Trailer HD VO st bil par cinebel

BABY DRIVER
Driver
♥♥(♥)
Réalisation : Edgar Wright
USA / Royaume-Uni – 2017 – 113 min
Distribution : Sony Picture Belgium
Action / Romance

Baby Driver - poster

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