Critique : Atomic Blonde

On 11/08/2017 by Nicolas Gilson

Signant la réalisation de l’adaptation du roman graphique « The Coldest City » de Antony Johnson (scénario) et Sam Hart (illustration), David Leitch nous plonge dans le fantasme de l’espionnage en pleine guerre froide à l’heure où la chute du mur de Berlin est proche. Il offre à Charlize Theron un rôle d’héroïne badass qui tient plus de Lady Gaga que de Mata Hari, défilant d’une séquence à l’autre dans des tenues so 1989 et répondant à une logique chorégraphique des plus affutée. Une aventure ponctuée d’action qui tient de l’exercice de style… sans imposer pourtant la moindre singularité. Graphique et efficace, ATOMIC BLONDE nous emporte néanmoins grâce à bande-originale délectable entremêlant David Bowie (Cat People), The Clash (London is Calling), HEALTH (Blue Monday), George Michaël (Father Figure), Steve Angelo (Sweet Dreams) ou encore Re-Flex (The Politics of Dancing).

Atomic Blonde (2017)

Agent du MI6, Lorraine Broughton (Charlize Theron) est officiellement envoyée à Berlin pour faire rapatrier le corps d’un espion britannique retrouvé assassiné. Elle doit surtout mettre la main sur le microfilm contenant le noms de tous les agents – et agents-doubles – qui a coûté le vie à son ancien mentor. Si elle ne peut avoir confiance en personne, elle doit faire équipe avec David Percival (James McAvoy), responsable de la cellule locale.

En guise de mise en bouche, nous sommes confronté à la mise à mort de l’agent et au vol du microfilm qui ancre le jeu de chassé-croisé dans lequel Lorraine Broughton va se lancer. Une mise en bouche qui, entre renforts musicaux et sonores, donne au film son caractère démonstratif. Une tonalité qui guide l’écriture de Kurt Johnstad qui compose un scénario reposant sur une dynamique de flash-backs. Nous découvrons Lorraine couverte d’écchymoses et de cicatrices encore fraiches alors qu’elle se rend à un interrogatoire ayant pour but d’analyser les raisons de l’échec de sa mission. Celle-ci est évoquée point par point au fil de sa déposition – mise en doute par un agent de la CIA dont elle n’apprécie guère la présence. Un monologue à priori subjectif toutefois biaisé par des informations que l’héroïne n’a pas… mais qu’elle semble toutefois conter. Bref, la structuration narrative tend à nous fondre au regard et aux pensées de Lorraine dont nous partageons quelques secrets, mais ne présente pas de (grande) psychologie.

Atomic Blonde (2017)

Le terreau est là pour nous emporter de séquence en séquence sur des rythmes musicaux jouissifs à la mesure desquels Charlize Theron explose l’écran, se bat et se débat, et va jusqu’à transformer un tuyau d’arrosage (toujours très pratique dans un appartement sans plante) en lassot. Mais quel dommage que dans le contexte du Berlin de juste avant la chute du mur, nous ne puissons jamais tendre à une spatialisation de la ville sauf lorsque les personnages évoquent là où il se trouvent ou que les décors et costumes se veulent outrancièrement caricaturaux.

Le découpage est pensé avec soin, le montage millimétré et le mixage gonflé à souhait (l’artificialité du son devient le garant de nos sursauts). David Leitch ancre une parfaite démonstration (riche en couleur), même si bien creuse (relevons le lesbianisme supposé de l’héroïne qui ne semble répondre qu’à un dégoût des hommes, dommage), au coeur de laquelle il peut se targuer d’un plan-séquence magistralement orchestré et chorégraphié. Un exercice de style donc.


Atomic Blonde: Trailer #3 HD VO st FR par cinebel

ATOMIC BLONDE
♥♥
Réalisation : David Leitch
USA – 2017 – 111 min
Distribution : Sony
Action

poster_atomic_blonde Atomic Blonde (2017)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>