Critique : Alien – Covenant

On 15/05/2017 by Nicolas Gilson

À l’aube des années 1980, Ridley Scott révolutionnait le cinéma de genre. ALIEN offrait un nouveau visage à la science-fiction, donnant à la notion de fantastique tout son intérêt. En 2017, Ridley Scott est un financier qui a intégré le devenir de la société dont ALIEN COVENANT est en tout point le reflet : un méli-mélo sentimental, empli d’effets sans intérêt quand il ne sont pas ratés, dont il faut expliciter chaque élément. L’objet-même du film : expliquer l’origine d’Alien après la tentative pathétique d’en dévoiler la nature avec PROMETHEUS (2012). Pitoyable.

alien-covenant-critique

En 1979, Ridley Scott, donnant à Sigourney River un rôle sans pareil, nous embarquait auprès du personnage de Ripley et engendrait sa phobie des cyborgs qui, d’épisode en épisode, est devenue la nôtre. Le premier volet de ce qui aboutit à une trilogie en quatre opus (formulation paradoxale, mais la plus consensuelle) nous confronta à une héroïne dont nous furent témoins de l’éclosion.

Qu’importe le sentimentalisme d’un James Cameron (ALIENS, 1986) que David Fincher balayera d’un revers de la main en mettant en scène le troisième épisode (ALIEN 3, 1992 – sans doute le plus intéressant), Ripley est fascinante. L’enjeu est sa survie dans un combat face à un « alien » que nous découvrons presque exclusivement à travers son regard. La raison importe peu, nous sommes dans l’action et la réaction, dans un combat mené par une femme qui se donne pour mission la survie de l’humanité.

ALIEN COVENANT repose sur une même structure narrative en s’adressant à un public lobotomisé (à moins que la production n’ait fait appel à des scénaristes dépourvus de neurones). Ripley fait place à Daniels, le vaisseau de marchandise à celui de colons et l’équipage à une flopée de couples de pseudo-scientifiques qui ignorent la nature des termes « cohérence » et « réflexion ».

Alien - Covenant - Daniels

Réveillés de leur sommeil artificiel à cause d’un incident technique, les membres de l’équipage du Covenant doivent faire face à la perte de leur commandant – le compagnon de Daniels avec qui elle avait prévu de construire une cabane en bois au bord d’un lac. Tandis qu’ils résolvent les problèmes matériels, ils interceptent un message en provenance d’une planète « voisine » qui n’est jamais apparue dans aucune recherche, mais qui offrirait une atmosphère égale à celle de la Terre et de la planète vers laquelle ils font route. Malgré la réticence de Daniels, l’équipage fait route vers l’inconnu en se disant qu’ils pourraient le cas échéant changer leurs plans et coloniser cette autre planète Après tout, ils n’ont pas envie de retourner sept ans en sommeil artificiel.

Bref, la trame narrative est toute pourrie. Comme le dira Daniels : Il y a trop de choses qui ne tiennent pas la route. Toutefois aux illogismes répond la volonté de démythifier le récit initial, d’expliquer l’origine d’Alien tel que nous l’avons rencontré dans le tout premier opus… Et à vouloir expliquer l’inexplicable, Ridley Scott nous saoule. Aussi héroïque soit-elle, Daniels n’est qu’un reflet fantômatique de Ripley. Son héros est le cyborg apparu dans PROMETHEUS, David qui, sous les traits de Michaël Fassbender, se dédouble en Walter. Le personnage ouvre d’ailleurs le film face à son créateur… mais malgré le petit cul de l’acteur moulé dans une combinaison, l’échange laisse présager le pire. Serait-ce à dessein ?


Alien: Covenant: Trailer #2 HD VO st bil par cinebel

ALIEN COVENANT
♥♥♥
Réalisation : Ridley Scott
USA – 2017 – 123 min
Distribution : 20th Century Fox
Science-fiction / Romancealien__covenant_poster_DSC7134.ARW

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