Critique : A United Kingdom

On 17/04/2017 by Nicolas Gilson

Après BELLE (2014), Amma Asante continue à revenir sur l’histoire du Royaume-Uni et ses relations à ses colonies africaines. Au travers de la relation amoureuse entre Seretse Khama et Ruth Williams, elle met en lumière la prise d’indépendance et la transition démocratique du Botswana et souligne les manigances politiques – et racistes – d’alors. Une démarche louable pour un résultat quelconque.

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Alors qu’il étudie à Londres, Seretse Khama (David Oyelowo) tombe amoureux de Ruth (Rosamund Pike), une jeune dactylographe qui, comme sa soeur, convertit les immigrés – un prétexte assez judicieux pour écouter de la musique jazz et danser en leur compagnie. Nous sommes en 1947 et le père de Ruth voit d’un mauvais oeil cette union que l’opinion condamne tandis que, héritier du trône du Bechaunaland alors sous protectorat anglais, Seretse est rappelé à l’ordre par son oncle. Mais portés par la sincérité de leurs sentiments, Seretse et Ruth décident de se marier. Ils doivent alors combattre un système dont Ruth – bien naïve – découvre les rouages…

Farouchement artificiel, le scénario se construit sous l’angle de la narration. Amma Asante entremêle les points de vue de ses principaux personnages pour conter les grandes lignes d’une romance qu’elle magnifie d’autant plus que les embuches furent nombreuses – à commencer par le racisme manifeste des anglais – et de tout un système colonial – à la veille de l’instauration de l’apartheid en Afrique du Sud. De la rencontre à l’éveil amoureux, de l’évidence des sentiments au mariage, de voyage au Bechaunaland à l’exil forcé de Seretse… Les grandes étapes de la vie du couple prennent place selon un schéma aussi efficace que vieillot. Mais derrière le caractère commun de la romance s’inscrit la singularité d’une histoire qui rencontre la « grande Histoire ». Car si l’amour entre un Africain et une blanche londonienne est, en 1947, un réel combat, celui qui réunit un héritier au trône et une banale dactylo le mènent à un bras de fer diplomatique sans précédant.

Aux grosses ficelles de l’écriture répond un mise en scène assez impersonnelle et très artificielle nourrie de nombreux appuis offrant à l’ensemble un caractère didactique (notamment la musique). Louant peut-être trop grossièrement le combat pour la démocratie que mena Seretse Khama, A UNITED KINGDOM a le mérite de nous placer face aux affres des manigances politiques d’hier – où un régime comme l’apartheid n’est pas combattu dès lors qu’il y a de l’or à la clé et où les promesses électorales ne sont pas tenues et ce contre l’opinion publique. Et si « nul homme n’est libre s’il n’est pas maître de lui-même », peut-être la réalisatrice nous invite-t-elle à prendre, à l’instar de ses personnages, notre destin en main.

A UNITED KINGDOM

Réalisation : Amma Asante
Royaume-Uni – 2016 – 118 min
Distribution : Paradiso
Drame historique

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En 1947, Seretse Khama, jeune Roi du Botswana, et Ruth Williams, une londonienne de 24 ans, tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Tout s’oppose à leur union: leurs différences, leur famille et les lois anglaises et sud-africaines. Mais Seretse et Ruth vont défier les diktats de l’apartheid. En surmontant tous les obstacles, leur amour a changé leur pays et inspiré le monde.

 

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