Critique : 10 Cloverfield Lane

On 16/03/2016 by Nicolas Gilson

A la croisée des genres, 10 CLOVERFIELD LANE nous confronte à un suspicieux huis-clos. Sur base d’un scénario savoureux qui part cependant en vrille, Dan Trachtenberg signe un premier long-métrage haletant et merveilleusement abscons. L’approche est-elle trop formaté que le réalisateur joue habilement avec les attentes du spectateur au risque de le conduire de l’étonnement à la plus totale confusion.

Cloverfield Lane 10

Lorsqu’à la suite d’un accident de voiture, une jeune fille se réveille dans une cave, la jambe menottée au mur, elle pense avoir été kidnappée. Mais celui qu’elle perçoit comme son ravisseur tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie. Une attaque chimique aurait ravagé la planète. Interdite, elle décide de s’enfuir…

I’m gonna keep you alive

Efficace au point d’être schématique, la mise en place de l’intrigue nous confronte au ressenti de Michelle (Mary Elizabeth Winstead). Comment ne pas partager son effroi lorsqu’elle se rend compte qu’elle est enfermée dans une pièce sans fenêtre sans avoir la moindre idée d’où elle se trouve ? Aussi ridicule soient ses gestes, elle répond à la panique qui l’emporte sur la raison. Guidée par son instinct de survie, elle porte plusieurs gestes désespérés avant de capituler. Ou du moins le croyons-nous.

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Partageant son angoisse et sa méfiance, nous ne cessons, comme elle, de changer de point de vue. C’est que les rebondissements sont nombreux et redessinent les contours d’un huis-clos dont la logique-même ne cesse de se moduler. Cependant, à force de surenchère, le scénario pêche sans doute par excès. Et si le film bascule indéniablement vers la série B ou Z, la mise en scène semble aux antipodes du genre tant le formatage du film répond à une logique commerciale.

Ne pouvant que regretter le caractère lisse de l’approche esthétique, nous devons admettre son efficacité. Le découpage et le montage tendent à exacerber notre tension sans que pour autant le réalisateur ne parvienne à nous enfermer au sein même de l’espace confiné. Car, à l’exception d’une séquence proprement « claustrophobe », le terrain de jeu qui est le sien manque de réalisme… Mais peut-il seulement en être question ?

Alors aussi irrités puissions-nous être par l’emploi incessant de la musique, savourons l’interprétation de John Goodman en pervers ambivalent et laissons-nous séduire par Mary Elizabeth Winstead et John Gallagher Jr. Après tout, il y a une scène de juke-box. Et ça, c’est la classe !

10 CLOVERFIELD LANE
♥/♥♥
Réalisation : Dan Trachtenberg
USA – 2016 – 105 min
Distribution : Sony Pictures Belgium
Thriller

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