Cosmopolis

On 25/05/2012 by Nicolas Gilson

David Cronenberg nous livre un film désolant sur le constat du devenir d’une société qui l’est tout autant. Bavard et ennuyeux, COSMOPOLIS nous harasse. Déception.

Le temps d’une journée, nous découvrons l’univers d’Eric Parker, un jeune mania de la finance, égocentré et paranoïaque, qui voit son empire s’effondrer peu à peu. Bloqué dans sa limousine, étrange cocon qui est une prolongation de lui-même, il a une pour seule idée de se rendre chez son coiffeur. Mais au fur et à mesure de son lent parcours à travers la ville, les rencontres se succèdent, le plus souvent dans l’habitacle, quelques fois en dehors.

La construction du scénario repose sur une succession de sketchs bavards. Cronenberg flirte avec l’incongruité des situations pour marquer la folie gangreneuse de son protagoniste. Celui-ci est un condensé de golden boys tels Bill Gates ou Mark Zukerberg, un poil caricatural et dès lors révélateur de l’absurdité de notre société capitaliste. Sans doute est-il alors judicieux d’avoir choisi Robert Pattison pour le rôle, autre révélation de notre société désolante où un acteur, incapable de donner vie aux personnages qu’il interprète, est adulé…

Mais à force de bavardages, Cronenberg s’égare ou, pour le moins, nous perd en chemin. De nombreux acteurs performent avec excellence – Juliette Binoche, Matthieu Amalric ou encore Paul Giamatti – sans pour autant transcender la moindre émotion, la moindre sensation. Peut-être est-ce là l’intérêt du film… Un monde sans émotion n’est-il pas un monde sans vie ?

COSMOPOLIS

Réalisation : David Cronenberg
France / Canada – 2012 – 108 min
Distribution : Belga
Drame

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