Cornouaille

On 07/08/2012 by Nicolas Gilson

Lorsque Odile hérite de la maison de sa tante en Bretagne, elle ne se rend sur place que pour régler les formalités et mettre le bien en vente. Indépendante et rationnelle, la jeune célibataire, qui s’amourache toutefois à nouveau d’un ancien amour, se retrouve alors confrontée à ses fantômes. C’est qu’elle est en Cornouaille, là où la Bretagne s’avère mystérieuse…

Anne Le Ny propose le portrait d’une jeune femme qui doit faire face aux démons de son passé pour pouvoir envisager son avenir. Odile a une situation qu’elle a construite par elle-même mais dans laquelle elle ne s’épanouit pas de manière personnelle. Elle se protège et se ferme ainsi aux autres et à elle-même. Ce retour en Bretagne est un déclencheur qui va faire émerger ses souvenirs et la conduire à évoluer. Mais si les idées mises en place, teintées de mystère et d’onirisme, sont louables, l’approche scénaristique s’avère franchement balourde dans sa construction. Un manque de finesse qui se retrouve dans la mise en scène, les dialogues – lorsque tout est dit, rien n’est ressenti –, la direction des acteurs ou encore les renforts musicaux – tout simplement catastrophiques.

Dans une introduction interminable faite de séquences où Odile retrouve un amant à qui elle propose de se rendre avec elle en Bretagne et qui décline son offre – composant un générique d’ouverture d’une longueur improbable –, Anne Le Ny met en place un ton léger et dynamique, teinté d’un humour justifiant le jeu distancié des acteurs, qui va cependant rapidement s’évaporer.

Une fois en Bretagne, après quelques pirouettes plus lourdes que burlesques – trop de légèreté, tue la légèreté –, Anne Le Ny esquisse un basculement vers le souvenir et un monde fantasmagorique où la balourdise s’impose tant l’écriture est palpable. Bien que la sincérité de l’approche se révèle, les nombreux appuis, les effets – ratés – ou encore les renforts musicaux agacent.

Si la tentative de mettre en place un univers mystérieux est méritante à défaut de convaincre, du dialogue avec les morts ressort un florilège de préceptes tous plus assommants les uns que les autres au point d’en être lamentables : de la tante défunte qui annonce que l’on est tous liées, tous reliés, les uns aux autres à la mère d’Odile qui s’inquiète de savoir qui va lui apporter sa tisane si elle est malade…

Le casting ne sauve malheureusement rien tant l’approche de la réalisatrice manque de cohérence. Vanessa Paradis, Samuel Le Bihan et Jonathan Zaccaï semblent lui avoir aveuglément fait confiance. Aussi le jeu est trop souvent palpable voire caricatural et engendre une distanciation assassine. Quant aux enfants, leur jeu récitatif est tout bonnement exécrable.

CORNOUAILLE

Réalisation : Anne LE NY
France – 2011 – 96 min
Distribution : CNC
Comédie dramatique

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