Conan the Barbarian (3D)

On 15/08/2011 by Nicolas Gilson

Conan est de retour au cinéma ! Le héros – dont le créateur, Robert E. Howard, est considéré comme le père de « l’heroic-fantasy » – flirte avec l’horreur et le fantastique tous muscles bandés. Nul charisme, aucune once de second degré, CONAN THE BARBARIAN est composé d’une superposition de nombreux effets : un divertissement option 3D qui tente d’en mettre plein la vue (et les oreilles).

Réalisé par Marcus Nispel à qui l’on doit la récente version de FRIDAY THE 13th, CONAN option 2011 sombre vers le film de genre en oubliant en chemin le caractère foncièrement parodique véhiculé par le protagoniste. Pourtant l’identitaire même de celui-ci tend à l’ironie : Conan est né sur un champ de bataille et serait donc naturellement voué à un destin sanguinaire. Le récit est d’ailleurs introduit selon cette optique : Conan est un enfant né au combat. Un combat qui s’arrête néanmoins soudainement lorsque sa mère est mourante et que son père doit l’éventrer afin que le bébé survive. La parodie n’est pas loin – ou le ridicule, c’est selon – mais jamais assumée ou revendiquée : pourquoi prendre autant au sérieux un récit qui ne l’est pas ?

Soit, qu’importe : après tout il est question de s’en prendre plein la vue. Et de cette perspective, les choses sont réussies : à elle seule l’introduction vaut le détour – pas la peine d’attendre la première demi-heure pour trouver insupportable le port de lunettes 3D ! –, surimpressions et fondus enchaînés dominent une séquence démonstrative servant de pure mise en condition.

Aux effets visuels multiples répondent des effets sonores dominés par des renforts musicaux platement atmosphériques. Lorsque le genre rime avec conditionnement…

Est-il amusant ou déplorable de se rendre compte que les protagonistes n’ont aucun charisme ? Posés en objets, ils servent à merveille la démonstration sans lui apporter le moindre relief. De Jason Momoa, ne sont impressionnants que les pectoraux qui sont offerts au regard telle une poitrine opulente. Rarement un protagoniste a été aussi fade. Si déjà en 1982 CONAN THE BARBARIAN proposait un corps en rôle-titre, il s’agissait alors de Arnold Schwarzenegger – ou Schwarzie – ce qui participe en soi à un certain degré d’ironie. Une ironie qui, pourtant à portée de main, semble échapper à Marcus Nispel. Une ironie qui semble de facto inabordable dans le cinéma commercial américain…

CONAN THE BARBARIAN 3D
CONAN LE BARBARE
•/♥
Réalisation : Marcus NISPEL
USA – 2011 – 112 min
Distribution : BFD
Aventure / Action

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