Comme des frères

On 13/01/2013 by Nicolas Gilson

Comédie maladroite, COMME DES FRERES se laisse regarder sans séduire. Hugo Gélin signe un premier long-métrage gentil au sein duquel il mélange pathos et humour (le plus souvent) balourd.

A l’enterrement de Charlie, trois de ses amis décident de réaliser la promesse qu’ils lui avaient faite et se mettent en route pour la Corse. Mais Boris (François-Xavier Demaison), Elie (Nicolas Duvauchelle) et Maxime (Pierre Niney) ne se connaissent pas vraiment. Leur seul point en commun est Charlie qui tissa avec chacun d’eux une relation singulière. Le voyage – oh surprise – se transforme vite en road-movie dont la première étape est un hôtel sinistre en bord d’autoroute, Maxime ayant vomi à l’arrière de la voiture neuve de Boris… Mais le voyage est aussi temporel puisque Hugo Gélin compose son scénario* avec une série de flash-back qui ponctue les aventures grossièrement cocasses des trois protagonistes qui – oh étonnent – pourraient bien finir, malgré leurs caricaturales différences, amis.

L’ensemble manque cruellement de finesse ou à contrario demande à ce que le trait soit bien plus épais. Si le rythme narratif qui consiste à mélanger plusieurs lignes temporelles fatigue, c’est en raison du contraste qui s’établit entre un présent relatif où l’humour domine et une mise en scène du passé qui n’est là que pour illustrer ce que les protagonistes semblent incapable d’exprimer. Il s’agit aussi de prendre le spectateur en otage en exacerbant le pathos de chaque situation puisqu’il connait la fin (la mort de Charlie). Le seul intérêt des flash-back est dès lors de faire revivre Charlie tant Mélanie Thierry qui l’incarne est solaire.

Toutefois la ligne scénaristique est cohérente dans son caractère démonstratif. Chaque protagoniste est défini sans subtilité et devient le garant de blagues et de comiques de situation qui flairent certaines comédies américaines. Mais François-Xavier Demaison ou Nicolas Duvauchelle ne sont pas Ben Stiller (sans pour autant en faire une réf … Les sketchs se succèdent par contre sans cohérence autre que la superficialité de l’ensemble. Une once de logique réaliste mettrait à mal la structure narrative somme toute bancale.

En regard, la réalisation est habile puisqu’elle consiste à une plate mise en scène, appuyée et toute monstrative, offrant notamment de nombreuses séquences en face caméra et de creux effets de travelling.

*Cosigné par Romain Protat (SARAFI, CALVAIRE) et Hervé Mimran (NOUS YORK).

COMME DES FRERES

Réalisation : Hugo GELIN
France – 2011 – 104 min
Distribution : uDream
Comédie

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