Critique : Coco

On 07/04/2009 by Nicolas Gilson

Coco, qui doit sa fortune à une idée de génie – l’invention de l’eau frétillante, reçoit la légion d’honneur. Lors de la réception qu’il organise pour cette occasion il annonce la Bartmizvah de son fils à laquelle il convie tout le monde. Il veut en faire un événement incommensurable. Cependant tant sa femme que son fils voient les choses différemment, mais il se refuse à les écouter …

DE LA NULLITE CINEMATOGRAHIQUE

Affligeant est le seul terme qui convient à employer pour commenter le premier objet cinématographique entièrement signé Gad Elmaleh. En additionnant un scénario dénué de tout intérêt, une réalisation bancale, une direction d’acteurs épouvantable à une autosuffisance et un caractère autoréférenciel irritants cette comédie, aux allures de mauvais téléfilm, met en exergue l’hypothèse de nullité cinématographique.

Le scénario mérite sans conteste la première bulle. Sa structure, presque basique, est éculée. Mais elle n’a pour utilité que celle de mettre en avant une succession de sketchs ancrant un constat désespérément élémentaire : l’inexistence de point de vue. Quoique par cette absence de logique tant formelle que structurante, Gad Elmalech montre ce qu’est pour lui le cinéma comique : une pure démonstration pathétique d’effets et de situations stigmatisés et simplifiés.

Le protagoniste principal, Coco, est en fait un personnage d’un des spectacles de l’humoriste. Les fans apprécieront sans doute de le retrouver sur grand écran, comme ils apprécièrent Chouchou – précédent et premier scénario, présentant les mêmes failles, de Gad Elmaleh. D’ailleurs pour être sûr que ceux-ci adhèrent au spectacle cinématographique qui leur est proposé l’auteur/scénariste n’hésite pas à placer de-ci de-là des renvois à ses propres « one man show ». Des renvois en marge du développement scénaristique qui tombent à plat et engendre deux réactions contradictoires : l’adhésion à un cinéma distancié purement démonstratif et vide de sens ou le rejet de celui-ci. Pourtant ce rapport distancié pourrait être intelligent … s’il était pensé cinématographiquement.

La mise en scène et la direction d’acteurs méritent également un zéro pointé. La première est platement caricaturale et démonstrative alors que la seconde consiste à mettre en place des archétypes grossiers. Les protagonistes n’existent que formellement. En somme aucun ressenti ne prend vie. Aucun relief, nulle substance … Mais une cohérence absolue : scénario, mise en scène et direction d’acteurs s’accordent harmonieusement au point de conduire au ridicule. La démonstration est le maître-mot. Toutefois celle-ci ne conduit à rien tant elle est vide de sens.

La réalisation dans son ensemble répond à cette même logique démonstrative … au point de ne pas présenter de réelle cohérence si ce n’est un jeu d’effets aussi tristes que caricaturaux.

Proprement lamentable et atterrant, Coco est un film dont la vision est aussi éprouvante que pénible. Un film absolument désolant où seuls quelques rares gags de situation, complètement marginaux, font effet mais n’amenuisent en rien le caractère lamentable de cette production au budget pharaonique.

coco

COCO

Réalisateur : Gad ELMALEH
France – 2008 – 95 min
Distributeur : Upi
Comédie
Enfants admis

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