10# BRFF Le Bilan

On 18/06/2012 by Nicolas Gilson

La 10 ème édition du Brussels Film Festival s’est clôturée ce samedi, à l’issue d’un long palmarès entamé avec un retard conséquent, par la projection en avant-première belge du film TRISHNA de Michael Winterbottom. Si le bilan est positif aux yeux d’Ivan Corbisier, le directeur de l’évènement, la ligne de programmation nous laisse une nouvelle fois songeurs.

« 3 ou 4 bons films »

Montés sur la scène du Studio 4 à Flagey pour dévoiler leurs choix, les membres encore présents du jury officiel ont, par l’intermédiaire de Koen Mortier, placé un commentaire désolant précisant qu’ils avaient vu 3 ou 4 bons films. Une réflexion qui nous est apparue assassine mais qui a cependant rapidement laissé transparaître un réel engouement lors de l’annonce du prix du meilleur premier film (White Iris Award) remis à Maja Milos pour le superbe et déroutant KLIP. Des quelques films qui leur ont plus, sur les 12 en compétition, les jurés ont récompensé du prix du meilleur film (Golden Iris Award) le film belgo-marocain DEATH FOR SALE. Le film de Fouazi Bensaïdi venait en outre de recevoir le prix Cineuropa ce qui avait touché le réalisateur qui n’en a été que plus ému. Le public a pour sa part loué ITALY LOVE IT OR LEAVE IT le documentaire italien présenté dans la section paronama. Ivan Corbisier a remis le prix à Gustav Hoffer, l’un des deux réalisateurs présent, et il en a profité pour faire un bref bilan tout en crachant dans la soupe lorsqu’il a remercié les pouvoirs subsidiant et a aussitôt regretté de ne pas avoir assez de subsides…

De la pertinence de l’évènement ?

Alors que l’on en célébrait les 10 ans, la question de la pertinence du festival se pose. Il y a quelques années, celui-ci avait pour but de proposer des premiers et seconds long-métrages européens afin de mettre en avant la cinématographie d’aujourd’hui et, peut-être, les cinéastes de demain. La cohérence de la programmation trouvait sa source dans sa ligne-même. Depuis 3 ans, le Brussels Film Festival semble se chercher et ce au-delà d’un changement de nom progressif et de l’évolution d’une charte graphique et visuelle où s’est imposée une patate palmée avant de se faire discrète.

La pertinence de la sélection des films en compétition nous a laissé une nouvelle fois dubitatifs (cliquez ICI) et ce malgré la découverte du sublime KLIP. Du côté des avant-premières, QUAND JE SERAI PETIT de Jean-Paul Rouve a ouvert le festival sans convaincre – si ce n’est la RTBF qui en a acquis les droits en lui décernant le prix du meilleur film. Woody Allen était doublement présent, sans être là pour autant, avec la présentation de TO ROME WITH LOVE et celle du premier film, tarte et niais, de Sophie Lellouche PARIS-MANATHAN…

Des dernières éditions transparaissait la volonté de montrer que le cinéma européen est producteur de films de « genres » : il s’agissait de proposer au public de voyager du thriller à l’action, du suspens à l’effroi. A l’instar de la présentation de DICTADO, cela se dessinait dans la programmation de la section « panorama » sans pour autant s’imposer comme une évidence. Si l’engouement dont il témoigne pour la musique est évident et que cela conduit à la programmation du concert des Chromatics, de dj settings et d’une série de documentaires sur la musique, le Brussels Film Festival reste ouvertement, d’abord et avant tout, un festival de films européens… dont la sélection est peu engageante. Dommage car la production européenne est et reste foisonnante.

Toutefois, les « Master Class » organisées en collaboration avec la SACD, la SABAM ou encore l’ASA ont permis de partir à la rencontre du cinéma de Lucas Belvaux, de découvrir l’univers et le travail de Jean-Michel Bernard, le compositeur de Michel Gondry, ou encore dialoguer autour de la question du scénario avec Thomas Bidegain. Peter Aalbaeck Jensen était également présent à BOZAR pour une leçon de production. Dommage que le film JAGTEN, présenté à Cannes en Compétition, ne fusse pas au programme, comme aucune de ses productions d’ailleurs… Peter Greenaway, dont la présence éparse a été l’évènement de cette édition, présidait le jury. Si une rétrospective a été consacrée au réalisateur par la Cinematek, il a donné une Master Class intitulée « Cinema is dead, long live cinema » qu’il a lui-même paraphrasé lors de la Cérémonie d’ouverture.

Les séances en plein air étaient cette année réduites au nombre de quatre – suite aux plaintes du voisinage dont c’était plaint Ivan Corbisier lors de la conférence de presse – et le temps en a eu raison… Néanmoins la pluie semble avoir attiré les spectateurs en salles. Espérons dès lors qu’ils étaient, eux, convaincus par la programmation.

Palmarès complet :

GOLDEN IRIS AWARD pour le meilleur film
DEATH FOR SALE de Faouzi Bensaïdi (France/Belgique/Maroc)

WHITE IRIS AWARD pour le meilleur premier film
CLIP (KLIP) de Maja Miloš (Serbie)

AUDIENCE AWARD
ITALY LOVE IT OR LEAVE IT de Gustav Hofer & Luca Ragazzi (Italie/Allemagne)

CINEUROPA AWARD
DEATH FOR SALE de Faouzi Bensaïdi (France/Belgique/Maroc)

FEDEX CINEPHILE AWARD
KAUWBOY de Boudewijn Koole (Pays-Bas)

BEST SCREENPLAY AWARD
BLOODY BOYS (JÄVLA POJKAR) de Shaker K. Tahrer (Suède)

RTBF TV AWARD pour le meilleur film
QUAND JE SERAI PETIT de Jean-Paul Rouve (France)

Be TV AWARD pour le meilleur film
NO REST FOR THE WICKED (NO HABRÁ PAZ PARA LOS MALVADOS) de Enrique Urbizu (Espagne)

PRIME TV AWARD pour le meilleur film
THE DEEP BLUE SEA de Terence Davies (USA/UK)

BEST SHORT FILM AWARD
A NEW OLD STORY d’Antoine Cuypers (Belgique)

BEST SHORT FILM AWARD
LE CRI DU HOMARD de Nicolas Guyot (Belgique)

BEST SHORT FILM AWARD UPCB
ROBYN O. de Cecilia Verheyden (Belgique)

Comments are closed.