Citrique : A Bras Ouverts

On 04/04/2017 by Nicolas Gilson

Depuis le succès de QU’EST-CE QU’ON A FAIT AU BON DIEU ?, Philippe de Chauveron a le vent en poupe et, après avoir enchaîné sur la réalisation de DEBARQUEMENT IMMEDIAT ! dans lequel il retrouvait déjà Ary Abittan, il signe avec A BRAS OUVERTS une nouvelle comédie censée se jouer des clichés… qui toutefois s’y enlise inexorablement. Entre un scénario d’une bêtise crasse et une réalisation impersonnelle encore plus caricaturale que les personnages mis en scène, le film agace de bout en bout en nous conduisant plus à lever les yeux au ciel qu’à rire (ou même sourire). Stop, sivouplééééé.

C’est tellement pittoresque

Tout commence par le survol d’une vaste propriété où trône une luxuriante villa. Philippe de Chauveron fait joujou avec un drôle, c’est trop sympa. Avant de réunir ses personnages, il recourt à une dynamique de montage parallèle pour présenter la réalité de deux familles, celle d’une part de Jean-Etienne Fougerole, caricature grotesque de BHL campée par Christian Clavier, et celle de Babik (Ary Abittan ) un Rom qui vit dans une roulotte et accueille un peu malgré lui un français de souche (marseillaise), plus raciste que macho, Erwan Burroto (Cyril Lecomte).

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Esquissés à gros traits, les personnages font peine à voir. Pourtant, derrière la grossièreté des caractérisations se tissent de réels enjeux de société de la figure médiatique du libre penseur au politicien d’extrême-droite homosexuel foncièrement xénophobe (bonjour Florian Philippot) en passant par la grande bourgeoise (Elsa Zylberstein tellement allumée qu’elle est sans doute le seul élément appréciable du film) qui tente de s’épanouir à travers l’art (avec une allusion bancale aux travaux de Ai Weiwei). Cependant un réel souci se dessine dans le contraste entre les figures dirigeantes – ce monde du pouvoir, de l’argent et des (vilains) médias dont les Fougerole font partie – et les « petites gens » fatalement profiteuses et fainéantes, quand elle ne sont pas débiles (à l’instar du cousin de Babik)… et crades aussi.

Le scénario se tisse sur une situation « pittoresque ». Afin de faire taire son opposant qui lui reproche d’avoir le sens de la formule mais de ne jamais allier les actes à la paroles, Jean-Etienne Fougerole propose d’accueillir chez lui une famille dans le besoin qui se présenterait à sa porte. C’est alors que sur les conseils d’Erwan, Babik débarque chez lui… Au grotesque répond alors l’improbable (avec une touche de romance de-ci de-là)  sans que l’ensemble ne soit jamais cohérent. Les bras de Fougeroule sont-ils ouverts que les nôtres oui en tombent. Un film, à tous points de vues, sans point de vue. Espérons que le rire était présent sur le tournage comme dans la phase de préparation du film, car nous avons franchement envie de pleurer. Pauvre France.

A BRAS OUVERTS

Réalisation : Philippe de Chauveron
France – 2017 – 92 min
Distribution : Belga Films
Comédie

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