Cinéma Galeries : Destination Madrid

On 03/07/2016 by Nicolas Gilson

L’Heure d’été, la programmation estivale, intra et extra-muros, du Cinéma Galeries propose cette année de se (re)chauffer au soleil madrilène. Du 6/07 au 7/08, une trentaine de films seront diffusés, mettant à l’honneur la ville de Madrid et le cinéma espagnol à travers une variation de genres. Pour cette 5 ème édition, 13 séances en plein air seront accessibles gratuitement sur le site de Bruxelles les Bains.

Le festival met en relief la diversité culturelle et linguistique des œuvres présentées au public, et les relations que le cinéma entretient avec les cultures étrangères. Le cœur de l’Espagne, capitale du monde de la nouvelle d’Hemingway, « la plus espagnole de toutes les villes », la ville-muse d’Almodóvar comme dans son film Le labyrinthe des passions où son désir est de montrer que Madrid était la première ville du monde, là où tout le monde venait, où tout pouvait se passer. Madrid est un concentré d’Espagne, un théâtre où se jouent mille pièces par jour. (…) Tour à tour filmée à l’air libre ou reconstituée en studio, la capitale espagnole s’est imposée de façon rapide et durable comme décor de choix pour des films de fiction ou des documentaires. L’identité urbaine madrilène n’a eu de cesse d’être interrogée par des esthétiques et des genres très différents. Fief de mouvements artistiques importants, Madrid a aussi été traversée par plusieurs périodes politiques mouvementées qui ont façonné un cinéma diversifié et pluriel.

Cette année, L’heure d’été s’organise en cinq cycles composant un panorama de la création cinématographique espagnole : « Madrid, ville rebelle : représentations des luttes sociales actuelles », « Madrid, une ville en mutation », « La Movida », «Franco et la transition » et « Fantastiques hispaniques ».

Si la programmation est pensée avec soin, on regrettera l’absence de films réalisés par des femmes – qui, en soi, est sans doute évocatrice de la réalité de la production espagnole – tout comme de films de fiction inédits auxquels l’événement nous avait habitué.

Tout sur ma mère - Pedro Almodovar - L'heure dété

TODO SOBRE MI MADRE – Pedro Almodovar – 1999

Madrid, ville rebelle : représentations de luttes sociales actuelles

L’évènement s’ouvrira le 06/07 sur la présentation d’une sélection de court-métrages par Madrid en Corto, du webdocumentaire NO ES UNA CRISIS de Fabien Benoît et Julien Malassigné, et du documentaire REMINE, LE DERNIER MOUVEMENT OUVRIER de Marcos Merino.

Cinq ans après le mouvement des Indignés qui s’étaient retrouvés Plaza del sol le 15 mai 2011, qu’en est il de ce mouvement et quels sont les enjeux actuels pour Podemos à la suite des élections qui se tiennent le 26 juin ? La projection sera suivie d’une rencontre avec des membres du parti politique Podemos et Fabien Benoît animée par Jérome Duval.

Madrid, une ville en mutation

Quels sont les enjeux urbanistiques, politiques et socioculturels d’une ville en mutation ? Quatre long-métrages témoigneront de visions sur la ville, de la période franquiste jusqu’à aujourd’hui : LES VOYOUX de Carlos Saura (1959), QU’EST-CE QIE J’AI FAIT POUR MERITER CA ? de Pedro Almodovar (1984), MADRID de Basilio Martin Patino (1987) et LE JOUR DE LA BETE d’Alex de la Iglesia (1995)

La Movida

Impossible d’évoque Madrid sans aborder la Movida qui réunit une génération entière d’espagnols dont la libération du joug de la dictature cause une explosion à l’insolence créatrice. Inventant une nouvelle image de la ville, moderne et effervescente, la Movida atteint tous les champs de la culture « pop » dont le cinéma. Pedro Almodóvar, entouré de ses muses, en est le plus célèbre représentant. Ce cycle propose de mettre en perspective historique la Movida : se côtoient dans la programmation expériences pionnières, documentaires et productions futures qui manifestent l’héritage reçu des années 1970-80. Outre cinq films de Pedro Almodovar (QU’EST CE QUE J’AI FAIT POUR MÉRITER ÇA?, LE LABYRINTHE DES PASSIONS, TOUT SUR MA MERE, PARLE AVEC ELLE et VOLVER), il s’agira d’envisager le cinéma d’Alex de la Iglesia (LE JOUR DE LA BETE, MES CHERS VOISINS, LE CRIME PARFAIT, BALADA TRISTE), d’Ivan Zulueta (ARREBATO), de Fernando Trueba (OPERA PRIMA), de Fernando Colomo (BAJARSE AL MORO) et de Vincente Aranda (AMANTS).

Franco et la transition

Madrid, ville assiégée pendant trois années, jusqu’à ce que les troupes franquistes entrent dans la ville et entraînent la chute des républicains espagnols. Avec l’avènement du franquisme, en 1939, le cinéma espagnol entre dans la période la plus tragique de son histoire : production réduite au minimum, censure multiple (militaire, politique, re- ligieuse…). La dictature contrôle toutes les formes de création, au premier rang desquelles le septième art. Alors qu’une partie des réalisateurs sont en exil, obligés de tourner à l’étranger, la fin des années 50 est marquée par l’apparition, en marge du cinéma commercial, d’un nouveau cinema espagnol. Quelle image de Madrid ces films – tant franquistes que de l’exil – nous peignent-ils en creux ?

Carlos Saura est l’une des figures importante de cette transition qui naîtra début des années 1960. Son premier film, LOS GOLFOS, applaudi au festival de Cannes 1960, ne sortira en Espagne qu’en 1963 amputé des dix minutes de scènes d’amour. Exilé au Mexique puis en en France, Luis Buñuel revient pourtant en Espagne, après 24 ans d’absence, pour y tourner VIRIDIANA qui obtient la palme d’or à Cannes en 1961 – ex æquo avec UNE AUSSI LONGUE ABSENCE (de Henri Colpi) – et sera pourtant interdit dans son pays jusqu’en 1977, deux ans après la mort de Franco.

Cinq titres nourrissent ce questionnement : VIRIDIANA (1961) et TRISTANA (1970) de Luis Buñuel, L’ESPRIT DE LA RUCHE de Victor Erice (1973), CRIA CUEROS de Carlos Saura (1976) et MADRID de Basilio Martin Patino (1987).

Fantastiques hispaniques

La production fantastique ibérique explose depuis quelques décennies, les réalisateurs espagnols exorcisant leurs démons à travers des peurs enfantines et une personnification de l’invisible. La programmation, éclectique, associe productions espagnoles et latino-américaines tournées à Madrid avec, pour fil rouge, une interrogation : quelles peurs ces films exorcisent-ils ? Au programme ABRE LOS OJOS (1997) et THE OTHERS (2001) d’Alexandro Amenabar, LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo del Toro (2006) et BALADA TRISTE d’Alex de la Iglesia (2010). Cette sélection est une tentative ici de montrer de façon non exhaustive ce que le cinéma espagnol a fait de mieux en terme de films fantastiques en laissant aussi une place aux productions transatlantiques prenant place en Espagne.

Viridiana Louis Bunuel L'heure d'été

VIRIDIANA – Louis Buñuel – 1961

Séances en plein air (gratuites)

  • 08/07 22h00 VOLVER, Pedro Almodovar (2006, 121 min, VOSTFR-NL)
  • 09/07 22h00 MES CHERS VOISINS, Alex de la Iglesia (2000, 110 min, VOSTFR-NL)
  • 14/07 22h00 VIRIDIANA, Luis Buñuel (1961, 91 min, VOSTFR-EN)
  • 15/07 22h00 PARLE AVEC ELLE, Pedro Almodovar (2002, 112’, VOST- BIL)
  • 16/07 22h00 LE LABYRINTHE DE PAN, Guillermo del Toro (2006, 108 min, VOSTFR-NL)
  • 21/07 22h00 CRIA CUERVOS, Carlos Saura (1976, 112 min, VOSTFR-NL)
  • 22/07 22h00 OUVRE LES YEUX, Alexandro Amenabar (1997, 117 min, VOSTFR-NL)
  • 23/07 22h00 LES AUTRE, Alexandro Amenabar (2001, 104 min, VOSTFR-NL)
  • 28/07 22h00 L’ESPRIT DE LA RUCHE, Victor Erice (1973, 99 min, VOSTFR-EN)
  • 29/07 22h00 AMANTS, Vincente Aranda (1991, 103 min, VOSTFR-EN)
  • 30/07 22h00 BALADA TRISTE, Alex de la Iglesia (2010, 107 min, VOSTFR-NL)
  • 04/08 22h00 LE CRIME FARPAIT, Alex de la Iglesia (2004, 105 min, VOSTFR-EN)
  • 06/08 22h00 TOUT SUR MA MERE, Pedro Almodovar (1999, 104 min, VOSTFR-NL)

Séances au Cinéma Galeries

  • 06/07 17h00 – Madrid en Corto (Sélection de court-métarges)
  • 06/07 19h00 – NO ES UNA CRISIS, Fabien Benoit & Julien Malassigné + REMINE, LE DERNIER MOUVEMENT OUVRIER de Marcos Merino
  • 10/07 17h00 – OPERA PRIMA, Fernando Trueba (1980, 94 min, VOSTFR)
  • 12/07 19h00 – LES VOYOUX, Carlos Saura (1959, 88 min, VOSTFR)
  • 17/07 17h00 – MADRID, Basilio Martin Patino (1987, 114 min, VOSTFR)
  • 19/07 19h00 – LE LABYRINTHE DES PASSIONS, Pedro Almodovar (1991, 100 min, VOSTFR-EN)
  • 24/07 17h00 – ARREBATO, Ivan Zulueta (1979, 110 min, VOSTFR)
  • 26/07 19h00 – TRISTANA, Luis Buñuel (1970, 105 min, VOSTFR)
  • 28/07 22h00 – L’ESPRIT DE LA RUCHE, Victor Erice (1973, 99 min, VOSTFR-EN)
  • 31/07 17h00 – QU’EST CE QUE J’AI FAIT POUR MÉRITER ÇA?, Pedro Almodovar (1984, 101 min, VOSTFR)
  • 02/08 19h00 – LE JOUR DE LA BETE, Alex de la Iglesia (1995, 105 min, VOSTEN)
  • 07/08 17h00 – BAJARSE AL MORO, Fernando Colomo (1989, 86 min, VOSTFR)

L'heure d'été 2016 - affiche - Galeries Cinéma

Du 6/07 au 7/08/2016
Ouverture (6/07) – Projections en plein air : Entrée libre
Projections au Cinéma Galeries : 8,50€ / 6,50€ / Pass pour l’ensemble du festival 20€

Renseignements pratiques : www.galeries.be

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>