Critique : Chocolat

On 01/02/2016 by Nicolas Gilson

Tentant de rendre justice au premier comédien noir à avoir fouler les planches d’un théâtre en France, CHOCOLAT ne met en lumière le destin de Rafael Padilla que pour enterrer une nouvelle fois l’artiste. Reposant sur un scénario superficiel, le film de Roschdy Zem agace à force de prendre le spectateur pour un nigaud. Et malgré la présence au générique de nombreux réalisateurs c’est bel et bien l’élément (moteur) qui fait défaut. Une catastrophe.

Chocolat - Omar Sy

L’action prend place à la toute fin du 19 ème Siècle. Le cirque Delvaux présente parmi ses tours « un véritable sauvage » qui gigote et sort les dents pour appuyer la démonstration et ancrer le fantasme du Continent Noir. Lassé par la situation, le nègre de service se laisse séduire par Footit, le clown qui cherche désespérément à se renouveler. Ils forment un duo inédit dont le succès les conduit à Paris.

Banal à pleurer

Le récit aurait pu être captivant. Le destin du « Clown Chocolat » permet une immersion singulière dans la réalité de la Belle Epoque où le racisme est loi tandis que l’argent est plus ravageur que l’opium. Toutefois l’angle d’approche pour lequel opte Roschdy Zem est à ce point superficiel que CHOCOLAT transparaît comme une vulgaire litanie. Platement narratif, le scénario sert de terreau à une démonstration sans saveur – épinglons les flash-backs ridicules qui ont pour fonction d’exacerber l’émoi du protagoniste. L’évolution est grossière tant elle se veut distanciée.

La mise en scène pique souvent aux yeux. Artificielle au point de nous donner l’impression d’être confrontés à un bal costumé, elle est risiblement audacieuse lorsque le réalisateur tente des effets de travelling qui n’ont rien de vertigineux. L’humour du duo « Chocolat-Footit » est daté – au point de nous mettre franchement mal à l’aise. CHOCOLAT aussi.

Assommés par la musique de Gabriel Yared (que nous avons connu plus inspiré), nous tentons en vain de comprendre ce qui a conduit le généreux casting (Omar Sy, Clotilde Hesme, Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky et les frères Podalydès) à s’embarquer dans cette galère. Et l’archive du film des frères Lumière mettant en scène les véritables Chocolat et Footit ne panse guère notre plaie. Lorsque le générique s’inscrit, nos yeux saignent.

CHOCOLAT

Réalisation : Roschdy Zem
France – 2015 – 110 min
Distribution : Paradiso
Comédie

Ramdam 2016Chocolat - affiche

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