Critique : Celle que j’Aime

On 29/04/2009 by Nicolas Gilson

« Isabelle, la trentaine, mène une vie de femme active et est une mère épanouie auprès de son fils Achille, 10 ans. Sa vie amoureuse se porte tout aussi bien : séparée du père de ce dernier, elle vit une histoire d’amour cachée avec Antoine, le nouvel homme de sa vie. Mais Achille n’entend pas partager sa mère, et lorsqu’elle décide de s’installer avec Antoine, il va tout faire pour leur mettre des bâtons dans les roues… »

«EXCUSE-MOI J’AURAIS PAS DÛ»

Pathétique et affligeant, Celle que j’aime s’enlise dans ce que le cliché a de pire : l’absence de la moindre originalité. S’ouvrant sur une voix-over dont l’adresse est directe, le film ancre ainsi une première hypothèse de pauvreté. Car ce recours est proprement inutile. Il n’induit aucun point de vue – ou, s’il en esquisse un, celui-ci disparaît rapidement au point de devenir caduc. Pire encore, une réelle contradiction sur le fond est opérée entre ce qui est dit en son over et le discours direct au sein des dialogues … La voix, vieillie pour marquer une distanciation jamais exploitée, appartenant au personnage de l’enfant – faut-il le souligner. La notion de point de vue sera d’ailleurs tellement mise à mal qu’elle n’a pas de raison d’être …

Chacun des personnages est un nid de clichés. Nous ne sommes pas même dans la caricature ni le gros trais. Sans cesse la facilité est le fer de lance d’une mise en scène bien pauvre. Le film s’avère rapidement n’être qu’une succession de situations éculées au sein desquelles les échanges sont aussi mous que pauvres. Le dialogue est creux ou platement discursif. Jamais la moindre dynamique d’échange ne prend place : entre la cacophonie des scènes à plus de deux protagonistes et l’entrecoupement musical – la musique de fosse ayant semblerait-il plus d’intérêt que les mots – tout est bien confus.

Quant à la captation filmique, et bien, elle ne sauve rien ! Une hypothèse récurrente de morcellement du corps féminin révèle la platitude d’un regard presque vicieux sur la mise à nu gratuite de l’actrice principale. Comme si la féminité se réduisait à ce que la pornographie a codifié et objectualisé au travers des gros plans et des inserts. Comme si ne pas mettre de soutien gorge était le garant de la liberté féminine – un cliché parmi bien d’autres. Et lorsque l’on sort de cette dynamique monstrative pseudo-sensitive c’est pour entrer dans une logique d’établissement témoignant d’une mise en scène aussi gauche qu’épouvantable.

Au cliché se mêle la citation : les films de Jacques Demy ou encore Anouk Aimée prennent place bien tristement. Pire encore que de ne témoigner d’aucun intérêt, cela crée un décalage indépassable entre le film qui nous irrite – celui que l’on subit – et ceux que nous désirerions bien pouvoir voir et revoir à la place.

CELLE QUE J’AIME

Réalisation : Elie CHOURAQUI
France – 2008 – 103 min
Distribution : Les films de l’Elysée
Comédie romantique
Enfants admis

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