Casse-tête chinois

On 10/12/2013 by Nicolas Gilson

Après L’AUBERGE ESPAGNOLE (2002) et LES POUPEES RUSSES (2005), Cédric Klapisch fantasme la vie de Xavier (Romain Duris) qui atteint maintenant la quarantaine. Le ton – ou la recette – de CASSE-TETE CHINOIS est identique aux opus précédents. Rendus complices d’un protagoniste qui se livre directement à nous, nous suivons une nouvelles fois sans broncher les aventures qui lui semblent bien complexes.

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Si pour certains la vie, c’est aller d’un point A à un point B, cette fois encore tel n’est pas le cas pour Xavier. Il s’installe maintenant à New-York afin d’y rejoindre les enfants qu’il a eu avec Wendy (Kelly Reilly) qui vient de le quitter. Il y retrouve aussi Isabelle (Cécile de France), à qui il a fait un enfant, et est bien vite rejoint par Martine (Audrey Tautou). À nouveau confus face à ce qui lui arrive, l’écrivain se livre tant à son éditeur (Dominique Besnehard) qu’à nous. Un sympathique casse-tête chinois. Mais sa vie est-elle aussi compliquée qu’il ne semble le croire ?

D’entrée de jeu Cédrci Klapisch jongle avec les éléments qui composent le roux efficace de L’AUBERGE ESPAGNOLE et des POUPEES RUSSES : une tonalité clairement identifiable est notamment amenée tant par l’intervention en voix-over du principal protagoniste que par la musique. Le réalisateur ancre une parfaite hypothèse de complicité en employant moult éléments (dont des images des précédents films) et traits de caractère qui nous sont maintenant communs. A l’angoisse de la page blanche et à l’image de la vie simpliste des autres gens ( A → B), répond rapidement l’apparent embrouillamini dans lequel le protagoniste s’est plongé. Entre comédie et romance, la logique scénaristique semble répondre au fil de la pensée de Xavier et se construire par effet de contamination. Une fois encore Klapisch nous confronte à un gentil mélimélo ponctué de situations cocasses et empli de romantisme.

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Toutefois, si l’amour qu’il a pour ses protagonistes se ressent, le réalisateur les dépeint avec justesse et ce faisant ancre son divertissement dans une réalité commune pleine de sens. Car si CASSE-TETE CHINOIS est, comme les précédents volets, construit dans une légèreté totale – le réalisateur semblant s’amuser plus qu’autre chose – il esquisse la réelle photographie d’une génération. Ainsi d’un film à l’autre, Klapisch livre le portrait d’une société en évolution tant d’un point de vue technique qu’au niveau des moeurs. Certes il s’émancipe un peu facilement de moult contraintes réalistes mais il s’en amuse efficacement (Xavier optant par exemple pour un mariage blanc – père de situations délectables). Plus encore, il parvient, notamment au travers du personnage d’Isabelle, à aborder des thématiques pleines de sens à travers des portraits peu communs dans le cinéma français « grand public ».

Un touche d’animation par ci, une peu d’onirisme par là (Xavier fantasmant des rencontres improbables) ou encore quelques apartés : le réalisateur touche un peu à tout et part dans tous les sens sans réelle logique, avec comme excellent prétexte – ou très bonne excuse – le caractère embrouillé du principal protagoniste. Et, malgré quelques longueurs et des bons sentiments un peu trop appuyés, servi par un excellent casting, ça marche. Mais, comme Klapisch (qui a mis en scène trois décennies en une dizaine d’années) l’évoque à la fin du film, sans doute y a-t-il « un moment où il faut s’arrêter ».

Casse-tête chinois - affiche

CASSE-TETE CHINOIS
♥♥
Réalisation : Cédric Klapisch
France – 2013 – 117 min
Distribution : Cinéart
Comédie / Romance

Film Fest Gent 2013 – Panorama

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