Capitalism : A Love Story

On 06/01/2010 by Nicolas Gilson

C’est par le recours à la citation cinématographique que Michael Moore développe une nouvelle fois son propos ou son cri véhément contre le système capitaliste. Il ancre ainsi une comparaison aussi radicale que brillante de la société capitaliste – américaine ? – à l’Empire Romain. SPARTACUS (A REBEL AGAINST ROME) et sa terrible introduction en voix-over ; Rome et sa société duale, Rome et son conditionnement sociétal. Les castes d’alors apparaissent au réalisateur comme plus que présentes dans notre société, les divertissements censés « distraire » la populace de même. Lorsque le cinéma commercial, les congés payés et la consommation en général se retrouvent comparés aux joutes de gladiateurs … le monde qui nous entourent s’avèrent aussi effrayant qu’effarant.

Rien de neuf en somme : CAPITALISM, A LOVE STORY est un Michael Moore de plus au sein duquel General Motors campe, sans grande surprise, un des rôles principaux. Cependant un élément fait la différence : la fatigue du réalisateur à se battre seul – ou presque – contre un système. Un entier questionnement prend alors place : Le cinéma est-il une réelle arme, un média utile (intelligible, écouté), peut-il changer les choses ?

Le constat premier est terrible : Non ! Non le cinéma ne semble pas – ou plus – avoir cette force de conduire à la réflexion et au changement. Michael Moore a beau être reconnu et applaudi sur la scène internationale il n’en reste pas moins le bouffon du système politique et économique nord-américain. La meilleure preuve n’est-elle pas ce nouveau – et énième – film sur un sujet qu’il dissèque depuis des années. Pourtant il y croit … désespérément.

Malgré la complexité du système contesté, Moore apparaît à même de l’appréhender les yeux fermés … Alors pour s’y attaquer il recourt à l’histoire du médium cinématographique – le principal intérêt du film s’y trouve, il met en scène l’atrocité du quotidien mais aussi l’espoir collectif enfin envisageable aux Etats-Unis. Car si le réalisateur s’avoue fatigué de se battre seul – éperdument seul – contre l’empire capitaliste, il présente le combat actuel des forces syndicales, des travailleurs et des défenseurs des droits des plus pauvres. Car dans l’Amérique qu’il envisage comme duale, la plèbe tente de se faire entendre …

C’est la combat de David contre Goliath où David doit prendre conscience de la force du nombre et de la collectivité.

CAPITALISM : A LOVE STORY
***
Réalisation : Michael Moore
USA
Distribution : Paradiso Films
Documentaire
EA

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