Cannes : Robins des Bois

On 12/05/2010 by Nicolas Gilson

La critique complète : Cliquez ICI.

Avec ROBIN DES BOIS, Ridley Scott ne revisite pas vraiment le mythe mais il propose d’en découvrir la genèse. Il envisage la rencontre avec Robin, simple archer du Roi Jean en retour de croisade. Fidèle serviteur du roi qui, comme des milliers d’hommes, a suivi son souverain par devoir, Robin se fait passer pour chevalier afin de rejoindre l’Angleterre. Ce jeu d’usurpation lui vaudra d’être bani et de devenir le hors-la-loi qui nous est commun. Mais auparavant Robin s’en va séduire la femme de l’homme dont il a pris l’identité, défendre les droits des citoyens anglais et sauver l’Angleterre d’une invasion française. Vaste programme.

Le réalisateur de GLADIATOR et de G.I. JANE signe un navet épouvantable qui tarde à démarrer et qui n’en finit pas de finir. Le scénario envisage une multitude de sous-récits – à un récit déjà loin d’être linéaire – agencés comme une fresque. Une multitude de protagonistes définis selon un schéma manichéen afin que les intentions de chacun nous soient bien identifiables. De rebondissement en rebondissement, il s’agit de nous en mettre plein la vue ou de nous mettre en condition à en recevoir d’avantage. Le tout se trouve encadré par des intertitres explicatifs et même une voix-over dénuée d’intérêt.

Le surjeu est récurrent malgré la qualité d’interprétation de certains : nombre de protagonistes ne semblent être envisagés que comme autant d’objets – Léa Seydoux et Jonathan Zaccaï en tête qui ont beau tenter de donner vie à leur personnage mais ne sont que les marionnettes du réalisateur. Mais il y a Cate Blanchett … qui fait face à Russel Crowe criant ponctuellement à la mort.

D’un point de vue esthétique le réalisateur de HANNIBAL tend à la pure surenchère : surabondance musicale, démultiplication des angles de vue et des effets, il ne semble rien nous épargner. D’emblée la musique s’impose comme dictatoriale : dès la prime introduction du film – car il ne cesse de s’introduire – celle-ci recouvre tout, tend à nous conditionner … bref à faire du film une délectable panade. L’approche visuelle va d’ailleurs dans ce sens : l’exemple paradigmatique est sans conteste les effets de ralenti sur les flèches lancées par le dit Robin des bois. Des flèches qui font mouche, contrairement au film.

ROBIN HOOD
ROBIN DES BOIS
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Réalisation : Ridley Scott
USA – 2009 – 140 min
Distribution : Universal Pictures International
Aventure
Cannes 2010 – Sélection Officielle – Film d’ouverture – Hors compétition

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