Critique : Lung Boonmee Raluek Chat

On 01/09/2010 by Nicolas Gilson

Malgré une superbe photographie, LUNG BOONMEE RALUEK CHAT ne séduit que laborieusement. Sans doute cela est-il dû à un décalage culturel complet ; à l’impossibilité de comprendre les enjeux et les symboles liés au sujet central du film à savoir la transmigration des âmes, la réincarnation. L’approche esthétique peut dès lors être absolue et admirable – sauf en ce qui concerne la direction d’acteur – que nous ne pouvons que rester à distance d’une thématique bien obscure.

Le film s’ouvre sur une hypothèse de frontalité qui se veut être une réelle dynamique stylistique. Un animal nous fait face, nous regarde alors que nous ne pouvons qu’être attiré par son regard. Cette interaction, perturbante, sert de mise en condition. C’est en éprouvant les rencontres qui vont suivre que nous pouvons appréhender une logique singulière ; celle des animaux-fantômes, des âmes qui dialoguent avec les vivants.

Un thème qui tend plus au symbolisme qu’à l’onirisme, qui soit nous emporte dans un délire sensitif, soit nous apparaît comme incongru. Esthétiquement, le travail sur le son et la puissance de la photographie invitent à la sensation. Encore faut-il dépasser l’incompréhensibilité des traditions et la distanciation due au caractère purement récitatif de l’interprétation…

La critique vidéo : Cliquez ICI.

LUNG BOONMEE RALUEK CHAT
ONCLE BOONMEE CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES

Réalisation : Apichatpong WEERASETHAKUL
Thaïlande/France – 2010 – 113 min
Distribution : Imagine
Comédie dramatique
Cannes 2010 – Sélection Officielle – En Compétition * Palme d’Or

3 Responses to “Critique : Lung Boonmee Raluek Chat”

  • « Quand le public est prêt à sentir avant de comprendre, que de films lui montrent et lui expliquent tout. »

    ROBERT BRESSON

  • Entre Hugues Dayez et Fernand Denis de « La Libre » qui descendent en flammes le film, Fabienne Bradfer du « Soir » qui crie au chef d’œuvre et « Cinem(m)a » qui est un peu plus mitigé, pas évident de se faire son avis… Merci quand même pour cette critique, Nicolas Gilson.

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