Cannes 2019 : Jour 9

On 23/05/2019 by Nicolas Gilson

Nous avons vogué aujourd’hui de déception en déception, la première fut MATTHIAS ET MAXIME de Xavier Dolan que nous avons trouvé sans enjeu et sommes restés de marbre, la seconde fut ROUBAIX UNE LUMIERE qui, à l’inverse, témoigne peut-être de trop d’enjeux au point de nous perdre. A dire vrai, nous avions beaucoup d’attentes (trop sans doute) tant les deux cinéastes nous tiennent à coeur et certains de leurs films nous habitent. Nous voilà dubitatifs, certains qu’il nous faudra dormir sur ces propositions qui, pour l’heure, laissent nos coeurs éreintés.

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MATTHIAS & MAXIME

Croisant le regard de deux amis sur une même situation – le prochain départ de Maxime pour l’Australie, Xavier Dolan tente de mettre en scène les sentiments amoureux qui soudainement divisent deux amis jusque là très fusionniels. Alors que Matthias vit assez mal le départ de son ami de toujours et Matthias se demande la nature réelle de ses sentiments pour Maxime, Maxime doit faire face à une mère borderline (encore et toujours) et dire au revoir à ses proches. Voilà pour le Pitch.

Alors que Xavier Dolan est un cinéaste de l’affect, le film s’enlise dans la démonstration en une succession d’effets clippés, certes maitrisés mais dont l’expressivité se suffit à elle-même. Mettant en scène les sentiments croisés de deux personnages, nous ne rencontrons in fine ni l’un ni l’autre, et plus encore, nous passons à côté de l’intrigue première persuadés dès la séquence d’ouverture que Matthias et Maxime mettent un terme à une relation de couple… Nous retiendront la disparition d’une plante verte qui prouve à elle seule l’absence de réalisme et nous nous questionnerons sur la fatigue qui se fait sentir en cette fin de festival. Comme pour de nombreuses projections, les spectateurs de la salle Lumière étaient conquis avant même que le film ne démarre, mais les larmes Marion Cotillard ne nous nourriront pas d’avantage.

Roubaix une lumière Cannes 2019

ROUBAIC, UNE LUMIERE

A première vue, pas de détour : ROUBAIX, UNE LUMIERE est totalement raté. Mettant en place un récit « médié » par le personnage de Louis (Antoine Reinartz), Arnaud Desplechin compose un intrigue que l’on penserait romanesque, mais le cinéaste tend inexorablement à un réalisme fou dont l’âpreté nous épuise. Sans doute faut-il accepter que le narrateur de l’intrigue n’en est pas le protagoniste. Pourtant Desplechin nous le communique d’entrée de jeu : ce protagoniste n’est autre que Roubaix !

Le personnage de Louis n’est qu’une porte d’entrée, le cinéastes profite de la naïveté de son regard tant sur la ville que sur son métier de policier pour nous confronter à une réalité plurielle. Celle qui réunit toutefois l’ensemble des personnages autour de l’inspecteur Daoud, d’un sombre crime et de deux jeunes femmes à la relation aussi troubles que troublantes.

Matthias-Maxime-cannes 2019 Roubaix Cannes 2019

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