Cannes 2019 : Jour 8

On 22/05/2019 by Nicolas Gilson

Prenez garde aux fanatiques ! Quentin Tarantino présente son nouveau film sur la Croisette. L’événement déchaîne les foules. Le casting semble conduire tout le monde à l’évanouissement. Les journalistes sont prêts à se battre pour accéder aux projections ou à faire la queue plus de 6 heures à l’avance. Ce n’est plus de la cinéphile, c’est du culte. Dieu Tarantino et ses communiants… Nous décidons d’attendre sagement la sortie du film – ou l’éventuelle reprise ce samedi, ce n’est pas comme si la sortie salle n’allait pas faire l’actualité de l’été. Et nos yeux n’en sont pas mois éblouis par le jouissif PARASIDE de Bong Moon-Ho et un détour magiques au Certain Regard à la découverte d’une charmante animation, LA FAMEUSE INVASION DES OURS EN SICILE, et du magistral A VIDA INVISIVEL DE EURIDICE GUSMAO de de Kari Aïnouz.

once upon a time in Hollywood Cannes 2019

ONCE UPON A TIME… IN SOUTH-KOREA

Une anecdote, ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD est projeté à Cannes exactement 20 ans jours pour jour après PULP FICTION. A l’exacte même date. Quentin Tarantino est superstitieux… Le film n’est semble-t-il pas tout à fait fini. Conquis avant même de le voir, les journalistes semblent unanimes.

Présenté également en compétition, nous avons eu un plaisir fou à découvrir PARASITE de Bong Joon-Ho. Le cinéaste y met en scène une famille précarisée qui infiltre peu à peu la sphère privée d’une famille hyper huppée en vue de l’escroquer. Manichéen mais habile, le scénario se veut universel. Le trait est divinement épais, le réalisateur virevolte d’une genre à l’autre en témoignant d’un humour décapant. La mise en scène est jouissive, l’interprétation délectable. Un véritable bonheur qui conduira le public à applaudir à plusieurs reprises.

Parasite Cannes 2019

INSTANTS MAGIQUES

Nous avons démarré la journée en nous plongeant au coeur d’un côte, animé par des bonimenteurs qui nous invitent à la découverte d’un récit fabuleux où un roi pleure la disparition de son fils. LA FAMEUSE INVASION DES OURS EN SICILE nous a ravit par ses couleurs et son dynamisme. Un véritable plaisir.

Sans conteste l’un des titres de cette édition, que l’on regrette de ne pas voir en Compétition, A VIDA INVISIVEL DE EURIDICE GUSMAO nous a littéralement transportés. Karim Aïnouz nous plonge dans l’intimité de deux soeurs l’aube des années 1950 à Rio de Janeiro. Euridice à 18 ans, Guida en a 20. Follement complices, elles vivent chez leurs parents et sont animées par le désir d’être pianiste pour la première et de vivre le grand amour pour la seconde. Lorsque que Guida décide de fuir avec l’homme qu’elle aime, leur père décide de la renier. Inséparables, les voilà séparées. A son retour, enceinte jusqu’au cou, Guida est rejetée par son père qui lui dir qu’Euridice est partie en Europe. Elles vivent pourtant, sans le savoir, dans la même ville. Adaptant premier roman de Martha Batalha, le cinéaste signe un film à la fois organique et follement romanesque. Il se veut inventif, subversif et immersif. Nous sommes littéralement propulsés dans la réalité tristement commune et pourtant singulière des femmes à une époque que nous ne pouvons qu’espérer révolue. Féministe et magistral, une claque et en même temps un véritable bonheur. Les larmes nous chauffent les joue. Une certitude, le désir de revoir un film qui fera date.

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