Cannes 2018 – Chronique #12 12 Days In Cannes

On 20/05/2018 by Nicolas Gilson

Si un coup de gueule de la part de la presse s’est fait ressentir avant même le début de cette 71 ème édition quant à la suppression des projections avant la première officielle, au fil de son déroulement, le changement le plus ennuyeux pour les festivaliers n’est certainement pas le plus décrié, mais l’ouverture à uen nouvelle catégorie d’accréditations : « 3 Days In Cannes ».

En soi, l’idée est géniale et permet de faire face à une nette diminution de festivaliers une fois les Marché fini et le second weeke-end pointant le bout de son nez. Mais l’invitation à de jeunes cinéphiles venus des quatre coins du monde à venir découvrir la sélection cannoise a pour corollaire d’allonger les files au moment où, justement, elle diminue enfin, à mettre une pression alors que justement elle retombe… Et elle aura surtout comme conséquence de se faire ressentir le jour des reprises et de nous priver de la découverte de ASAKO 1 & 2. Nous voilà prévenu pour 2019 !

shoplifters

Mais cela nous nous contrarie pas plus que cela tant il est réjouissant de voir des centaines de passionnés courir les projections avec un plaisir qui, au bout d’une dizaine de jours, manque à la majorité des visages que, d’année en année, nous retrouvons. Et puis, la fin est là. La Cérémonie de clôture pointe le bout de son nez. Le Palmarès se fait attendre et les pronostics vont bon train. Nous attendons le tapis rouge, celui qui permet de parier plus encore nous mettant dans la position de « scruteurs » qui commentent qui est présent ou absent, qui est revenu ou n’est pas parti. Evidemment ça rompt le charme d’une pleine découverte, mais cela fait partie de cette excitation annuelle (car bon, nous avons beau aller à Venise et à Berlin, l’excitation n’est pas commune).

Nous sommes heureux et fâchés tout à la fois, nous nous propulsons jurés en oubliant notre position de critique et nous nous mettons en position pour découvrir qui aura les honneurs du Jury présidé par Cate Blanchett. Alors oui, on est heureux de voir LAZARO FELICE et DOGMAN remporté un prix, mais tristes que ce ne soit ni la Palme ni le Grand Prix. Nsou sommes content pour Nadine Labaki et le Prix du Jury, peut-être le plus juste et judicieux pour ce titre. Nous sommes surpris par une Palme d’Or pour un Kore-Eda qui nous semblait pourtant mineur mais a beaucoup plus et a aussi beaucoup de qualités. Sa simplicité surtout. Nous sommes évidemment déçus que UN COUTEAU DANS E COEUR n’obtienne rien, mais en soi sa simple sélection en Compétition est une victoire pour la production française. Et somme surtout heureux que cette édition prenne fin car épuisés, mais richement nourris tant le niveau fut globalement très élevé.

BLACKKKLANSMAN Spike LEE

Palmarès :

  • Palme d’Or : SHOPLIFTERS, Hirokazu Kore-Eda
  • Grand Prix : BLACKKKLANSMAN, Spike Lee
  • Prix du jury : CAPHARNAÜM, Nadine Labaki
  • Prix de la mise en scène : Pawel Pawlikowski pour COLD WAR
  • Prix du meilleur scénario : ex-aequo Alice Rohrwacher pour LAZZARO FELICE et Nader Saievarpour 3 FACES
  • Prix d’interprétation masculine : Marcello Fonte dans DOGMAN de Matte Garrone
  • Prix d’interprétation féminine : kazakhe Samal Esljamova dans AYKA de Sergueï Dvortsevoï
  • Palme d’or spéciale : Jean-Luc Godard pour LE LIVRE D’IMAGE
  • Caméra d’Or : GIRL, Lukas Dhont (présenté à Un Certain Regard)

labaki

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>