Cannes 2018 – Chronique #10 Chienne De Vie

On 18/05/2018 by Nicolas Gilson

Alors que l’on arrive doucement à la fin du festival, une certitude s’impose : la compétition est plus que jamais ouverte. Si ces dernières années le niveau de la production italienne a pu nous laisser perplexes à quelques exceptions près, DOGMAN (qui marque le grand retour de Matteo Garrone après l’improbable TALE OF TALES) et LAZZARO FELICE apparaissent comme les favoris à la Palme d’Or de cette 71ème édition. A moins que l’émotion ne prévale et que Nadine Labaki ne remporte les suffrages avec son larmoyant mais néanmoins percutant CAPHARNAÜM.

DOGMAN

Délaissant (heureusement) l’artificialité des contes pour revenir à un cinéma hyper réaliste, toutefois riche de touches oniriques, Matteo Garrone signe avec DOGMAN un film d’une force rageuse. Esquissant le portrait d’un toiletteur pour chien qui, dans une cité balnéaire dévastée, est autant apprécié que moqué par tous avant de le faire basculer – et nous avec lui – dans la spirale infernale de la trahison et de la vengeance, le cinéaste transcende l’humanité de son personnage (admirablement interprété par Marcello Fonte) tout en saisissant ce que la comédie humaine peut avoir de pire. A la fois singulier et universel, un film d’une force rare dont la mise en scène claustrophobe laisse présager le danger de toute part et ne cesse de nous surprendre.

dogman

CAPHARNAUM

Le pitch du troisième long-métrage de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki (CARAMEL, ET MAINTENANT ON VA OU ?) tient en deux lignes de dialogue et est peut-être le plus percutant de cette édition :

- Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ?
– Pour m’avoir donné la vie !

S’intéressant à la réalité d’un enfant syrien réfugié au Liban, la cinéaste met en exergue une réalité complexe au coeur d’un territoire d’accueil lui-même marqué par une succession de conflits et de migrations. Portrait sans concession et pourtant empli d’espoir CAPHARNÜM porte admirablement bien son titre. Si nous ne pouvons que regretter l’emploi abusif de l’orchestration musicale et quelques longueurs, le film est une véritable claque.

labaki

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