Cannes 2018 – Chronique #08 La Guerre Est Déclarée

On 16/05/2018 by Nicolas Gilson

C’est sous de bien mauvais auspices que s’entame cette seconde semaine de festival. Jusqu’à présent extrêmement séduits par le niveau de la Sélection Officielle comme par les sections parallèles, nous avons certainement vu aujourd’hui le pire que le festival puisse nous donner lors de cette édition. Avec THE HOUSE THAT JACK BUILT de Lars Von Trier en guise de mise en bouche, autant dire que nous avons eu un appétit frugal par la suite et que notre estomac, alourdi par EN GUERRE de Stéphane Brizé, a fini extrêmement ballonné et rempli d’aigreur avec SOLO : A STAR WARS STORY de Ron Howard, une daube faisandée signée Disney.

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Déclaré Persona Non Grata à Cannes en 2011 suite à des propos tenus lors de la conférence de presse qui suivit la projection presse de MELANCHOLIA, Lars Von Trier y faisait son grand retour, toutefois hors compétition, avec THE HOUSE THAT JACK BUILT. Et autant dire que le film a divisé la Croisette avec d’une part le pro et de l’autre les anti. Et il nous faut avouer que non seulement nous faisons partie de la seconde catégorie, mais que la gratuité de la démonstration nous a conduits à quitter la salle face à des propos qui ont eu raison de notre masochisme.

Mettant en scène le confession d’un tueur qui nous conte quelques mises à mort non sans dérision, le réalisateur danois joue de l’artifice employé dans NYMPHOMANIAC afin de se faire succéder des pans de récit dont la gratuité trouve peut-être une justification dans un épilogue qui, pour nous, demeurera inconnu. Si nous n’avons malheureusement trouvé aucun plaisir à voir un homme tuer gratuitement et, malgré sa bêtise, s’en sortir par miracle, ce qui nous a proprement dérangé, c’est le discours masculiniste auquel nous avons été confronté. Notre seule réponse fut de sortir.

en guerre

Si nous ne pouvons qu’être séduits par les questionnements soulevés par Stéphane Brizé au fil de EN GUERRE, il signe un film à thèse tellement démonstratif et appuyé qu’il nous conduit à l’étouffement. La figure de Vincent Lindon y est un peu trop magnifiée tant le comédien est au centre de tous les plans au point au point d’en devenir un étrange « dictateur ».

Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo (Vincent Lindon), refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

Mais la clou de la journée a été la projection de SOLO : A STAR WARS STORY de Ron Howard dont le seul intérêt a été de nous permettre de nous rendre compte à quel point une kyrielle de journalistes sont des fans inconditionnels de la série tant il furent nombreux à arborer leur plus joli t-shirt à l’effigie de Chewbacca. Et lorsque des fans inconditionnels n’applaudissent pa sà l’issue de la projection et quitte la sale dans un silence religieux, tout est dit. Les badauds auront eu droit à une jolie montée des marches avec des soldats de l’Empire survolant le Palais des Festivals.

solo

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