Cannes 2018 – #05 Girl Power

On 13/05/2018 by Nicolas Gilson

Un rare bonheur lorsque l’on est en France est de pouvoir savourer le plaisir d’être, à raison, plus chauvin que le critique français. Et ce sentiment trouve son origine dans un très grand premier long-métrage, GIRL, au travers duquel le réalisateur flamand Lukas Dhont signe un portait tout en nuance d’une jeune fille en devenir en lutte contre elle-même alors qu’elle intègre une école de danse classique. Un titre qui marquera à coup sûr la section Un Certain Regard où GUEULE D’ANGE de Vanessa Filho aura eu le mérite de nous faire rire afin de soulager nos yeux et de les empêcher de se retourner à force de rouler vers le ciel.

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Girl Power

Marion Cotillard s’offre-t-elle pleinement à Vanessa Filho que le film est tout bonnement raté. Empli de clichés, suranné et d’une balourdise farouche, GUEULE D’ANGE ne fera pas mouche. Le hasard du calendrier voudra que, face à GIRL, il demeurera comme une anecdote de cette édition où l’actrice française ne concourt pas pour le prix d’interprétation féminine en Compétition mais foule tout de même les marches cannoises. Les fans sont donc heureu.x.ses.

Gueule d'ange

Donnant vie à Lara, la « girl » de Lukas Dhont, Viktor Polster a littéralement subjugué l’auditoire de la Salle Debussy. Révélé par le réalisateur, le jeune comédien-danseur crève littéralement l’écran dans le rôle titre de GIRL. Ecrit avec intelligence et mis en scène avec soin le film, qui aborde avec délicatesse mais sans détour la réalité d’une personne trans, s’impose comme l’un des titres de 2018. Soulignons la complicité entre les personnages et la « beauté » de la relation père-enfants ici développée.

Le cinéma belge n’était pas en reste avec également deux co-productions : ANOTHER DAY OF LIFE, un film d’animation présenté hors-compétition réalisé par Raul de la Fuente et Damian Nenow, et LES FILLES DU SOLEIL de Eva Husson, présenté (et relativement mal accueilli) en compétition. Deux films « chroniques » qui nous plongent au coeur de « récits de geurre » très différents. Le premier nous embarque en pleine guerre civile en Angola à travers le regard d’un reporter de guerre arrivé sur place en 1975, le second nous propulse,sous le regard d’une photographe reporter de guerre, Mathilde (Emmanuelle Bercot), avec moins de résussite au coeur de de la réalité d’un bataillon de femmes au Kurdistan commandée par Bahar (Golshifteh Farahani) hantée par son passé récent.

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Après BANG GANG, Eva Husson signe un film ambitieux. Trop sans doute. Le sujet es en or, elle ne semble pas nous faire confiance ou elle-même manquer de confiance portant le choix d’encadrer son film par le commentaire en voix-over d’une des deux protagonistes principales. Outre une orchestration musicale assommante et dictatoriale, un autre souci majeur est de ne pas parvenir à nous fondre au ressenti de la réelle protagoniste du récit (Bahar) auquel elle parvient, au mieux, à nous confronter. Dommage. Et ce d’autant plus qu’avec une montée des marches sous le signe des femmes, soulignant la disproportion qui existe entre femmes et hommes au regard du métier de réalisateur (et des sélections et prix en festivals). Mais une femme n’a-t-elle pas autant le droit qu’un homme de faire un four ?

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