Byzantium

On 27/08/2013 by Nicolas Gilson

Près de 20 ans après ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE, Neil Jordan retrouve les créatures légendaires dans un film sans faste qui ne fera pas date. Mettant en scène deux femmes dans les rôles principaux BYZANTIUM excite notre curiosité sans la contenter tant le scénario pourtant signé par Moira Buffini est lamentable.

Byzantium - Neil Jordan

« Je marche et le passé m’emboite le pas »

Clara et Eleanor Webb sont mère et fille et vouées à la jeunesse éternelle. Vampires dépourvues de crocs elles ne sont pas moins assoiffées de sang. Si elles ne craignent pas la lumière du jour, elles sont cependant contraintes à se cacher et ne peuvent révéler leur réelle identité. Enfin cela n’empêche pas la première de faire du grabuge, de tapiner ou de monter une maison close et laisse à la seconde la possibilité d’être scolarisée et de courtiser un jeune leucémique à tendance hémophile à ses heures – mais seulement lorsque cela arrange la trame narrative.

Adaptant sa propre pièce de théâtre au cinéma, la scénariste de TAMARA DREW (Stephen Frears 2010) et de JANE EYRE (Cary Fukunaga, 2011) déçoit. Sans doute le texte original n’y est pas étranger : comment adhérer à une vision aussi réductrice de l’indépendance féminine ? Comment pouvons-nous songer qu’une femme contrainte à la prostitution dès son jeune âge pourrait en effet vivre d’autre chose que de la chaire alors qu’elle est vouée à l’immortalité ? Il faut croire qu’au fil des ans – des décennies – ont accepte son destin. Et si en plus il s’agit de le faire par pur sacrifice… Au moins la figure est sauve.

Toutefois outre ces considérations, la construction même du récit pose question (tout comme le montage). D’entrée de jeu nous découvrons la mère et la fille au cours d’une introduction bâclée ancrant la nécessaire (et répétitive) errance et mettant en parallèle leurs caractères qui, sans finesse, se dessinent comme contraires. Déjà une assommante voix over s’impose – comment est-il possible d’être aussi rapidement agacé ? Et à force de recours à celle-ci, qui se veut notre complice, lorsque l’héroïne nous confie « avoir reçu un récit qu’elle ne peut raconter », s’échappe entre nos lèvres « alors, tais-toi ». Mais puisqu’elle ne se tait pas, nous sommes conviés à la découverte d’un imbroglio oscillant entre les genres, du thriller à la mièvre romance, tout aussi pénible que ridicule – mention spéciale aux flash-backs. Si au moins la réalisation était digne d’intérêt. Mais non. Qu’est-il arrivé au réalisateur (et scénariste) de BREAKFAST ON PLUTO ?

Alors que Gemma Arterton (Clara) se défend bec et ongles (surtout celui du pouce que le réalisateur entraperçoit comme l’organe érectile de ses protagonistes, c’est dire), le film ne peut reposer sur ses seules épaules. Saoirse Ronan est d’un larmoyant plus pathétique que convainquant alors que l’ensemble du casting témoigne d’une artificialité convenue. En somme ça colle parfaitement à la musique bien fastidieuse qui enrobe le tout.

Byzantium - Eleanor

BYZANTIUM

Réalisation : Neil JORDAN
UK – 2012 – 118 min
Distribution : Cinéart
Thriller / Fantastique

Byzantium - affiche

Byzantium - Clara - Flash-back

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