Bye Bye Cannes

On 22/05/2011 by Nicolas Gilson

Au douzième jour, le festival prend fin. Mélanie Laurent revient en scène après avoir été donner de la voix dans un tour de chant. Criera-t-elle à nouveau en gesticulant telle une enfant endimanchée impressionnée par la grandeur du Théâtre Lumière ? La réponse lors de la Cérémonie de Clôture à l’issue de laquelle le magnifique LES BIEN-AIMES de Christophe Honoré sera projeté.

Après celui du Certain Regard hier, le Palmarès de la Compétition Officielle de cette 64 ème édition du Festival de Cannes va être révélé. Vingt films concourent pour le prix ultime – car le plus médiatisé : la Palme d’Or. L’occasion de revenir sur une riche programmation.

Dès le début du festival WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN s’est imposé comme grand favori. Tilda Swilton y est prodigieuse tandis que la réalisatrice Lynne Ramsay témoigne d’une acuité à capter l’indicible. Le film au montage admirable est sensible, captivant et envoutant.

LE HAVRE de Aki Kaurismaki s’est avéré ensorcelant. Derrière son approche loufoque et irréelle, le réalisateur s’engage politiquement. Il loue l’humanité et rend un hommage décalé au cinéma français. Michel Hazanavicius salue quant à lui le cinéma muet.

Il signe un film brillant qui met en scène les codes d’un cinéma oublié au profit du son. Le scénario est intelligent. THE ARTIST est un petit bijou qui chante le cinéma d’autrefois. Jean Dujardin y est saisissant tant il parvient à se glisser à la perfection dans la peau d’un acteur muet.

Bien que décrié par la critique, L’APOLLONIDE – SOUVENIRS DE LA MAISON CLOSE est sans le moindre doute l’un des films les plus réussis de la programmation. Bertrand Bonello compose une œuvre sensible et impressionnante dont la photographie est remarquable. Le fond et la forme se nourrissent afin de rendre perceptible l’atmosphère et la réalité de la prostitution.

Alain Cavalier signe avec PATER une mise en abyme radicale de l’expression cinématographique. Son film est le plus singulier de la Sélection. Admirable, surprenant mais tout à la fois éreintant.

Le premier film de Marcus Schleinzer, MICHAEL n’est pas parfais. Toutefois la richesse de l’approche du réalisateur, qu’il s’agisse de l’écriture ou des choix de mise en scène, fait du film l’un des plus pertinents.

POLISSE de Maïwenn est la plus grosse déception du festival. La réalisatrice témoigne des même défauts que précédemment. La captation est d’une rare pauvreté et l’écriture scénaristique semble à vif, non finie et gauchement pensée. Mais le plus dommageable reste son auto-mise-en-scène et la complaisance qui semble sienne à l’égard du sujet abordé et de la société. Remonté son film pourrait cependant être magistral.

Ce sont les films les plus attendus qui ne séduisent guère. Les frères Dardenne ont perdu leur radicalité, Amodovar ne s’émancipe pas d’un enrobage musical et d’une construction scénaristique fumeuse, Lars Von Trier s’embourbe pathétiquement… et Terrence Malick devient mystique.

Suprêmement prétentieux, le premier film de Julia Leigh, SLEEPING BEAUTY, est d’un rare ennui. DRIVE a beau avoir séduit Cathy Immelen, sa sélection en Compétition laisse perplexe. THIS MUST BE THE PLACE de Paolo Sorrentino, malgré une formidable interprétation de Sean Penn, fatigue.

Sautons sur la longueur de certains films, le consensualisme d’autres. Et applaudissons l’écriture de BIR ZAMANLAR ANADOLU’DA de Nuri Bilge Ceylan.

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