Bye Bye Blondie

On 15/03/2012 by Nicolas Gilson

En adaptant au cinéma son roman éponyme Virginie Despendes signe un film non abouti qui, s’il n’est pas pour autant raté, démontre que les qualités de réalisatrice de l’auteur ne sont pas convaincantes*. BYE BYE BLONDIE est tantôt un film sanguin, naïf, brut et sincère ; tantôt un film plat, artificiel voire cliché.

Gloria mène une vie anarchique en province où elle zone dans un bar alternatif dont les clients sont fascinés par une émission littéraire présentée par la séduisante Francès. Celle-ci a tout pour plaire et pour faire fantasmer (et ce, au-delà de son physique) : elle a une situation et elle jouit de notoriété. Lorsque Francès débarque dans la bar, c’est l’incrédulité tandis que Gloria la toise. Pourtant le désir est là et Gloria suit Francès à Paris. Les deux femmes se sont aimées lorsqu’elles étaient adolescentes et le feu les enivre à nouveau… Passé et présent s’entrecroisent alors.

Un passé qui prend place sous forme de séquences en flash-back dont la première est un peu brutale tant son introduction est sans finesse. Pourtant, rapidement, la force de ces séquences est indéniable tant la qualité d’interprétation des deux adolescentes s’impose comme l’élément-clé du film. La naïveté des amours adolescentes est jouissive, légère, enivrante tout en étant exaspérante car absolue. Stéphanie Sokolinski et Clara Ponsot sont admirables oscillant d’une troublante fragilité à un excès d’une justesse irritante. Un réalisme jouissif.

Mais à ce caractère brut du passé « retrouvé » répond une approche bancale d’un présent caricatural. Et si le couple formé par Emmanuelle Béart et Béatrice Dalle transpose inconsciemment la caractérisation des protagonistes, entre la représentation d’une part et la sincérité d’être de l’autre, il manque de crédulité physique. Emmanuelle Béart en fait des caisses et s’avère irritante dans un excès qui ne lui va pas : son jeu est tellement artificiel qu’il en devient ridicule – a-t-elle jamais donné une gifle ?

Cette lourdeur se retrouve également dans le jeu de Béatrice Dalle ou encore de Pascal Grégory. Quant aux seconds rôles il apparaissent comme autant de caricatures – un seul exemple : la femme de ménage qui semble sortie d’une film porno d’une production de sonde zone. Si cela est voulu, c’est réussi… mais cela donne surtout au film une déplorable emprunte artificielle, assise dans des choix de mise en scène à la fois clichés et sans originalité, qui le rend navrant.

Etrange dualité qui se retrouve tout au long du film de l’écriture au montage : BYE BYE BLONDIE a quelque chose d’un diamant dont la taille est ratée. Un caillou dont les élans de contestation ou encore l’intelligent questionnement sur le genre, sur le développement identitaire et sur la fatalité amoureuse restent apparents mais se retrouvent noyés dans la mise en scène d’une bien piètre qualité d’un scénario inégal.

*Signalons cependant l’intérêt du documentaire MUTANTES.

BYE BYE BLONDIE

Réalisation : Virginie DESPENTES
France / Belgique – 2011 – 97 min
Distribution : Lumière
comédie dramatique

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