Blue Ruin

On 06/05/2014 by Nicolas Gilson

Se jouant et jonglant avec les codes du cinéma de genre, Jeremy Saulnier met en scène un film de vengeance qui est oscille, pour notre plus grand plaisir, entre réalisme et comédie : proprement délectable, BLUE RUIN est une pure pépite.

Blue Ruin

Dwight (Macon Blair) est un doux marginal qui vit dans une vieille bagnole immobilisée, squatte la salle de bain des gens partis en vacances et se débrouille pour trouver de quoi manger. Gentil vagabond, il ne demande rien à personne. Aussi lorsqu’il est emmené au poste de police, il ne comprend pas ce qui lui arrive. C’est alors qu’avec une troublante humanité on lui annonce la libération du meurtrier de ses parents. Une nouvelle qui le réveille et le décide à prendre la route afin de se venger.

Mettant habilement en place son récit, Jeremy Saulnier pense son film par rapport à notre position de spectateur. Parvenant à établir d’entrée de jeu un climat à la fois fantasque et réaliste, il ne cesse de nous surprendre tout en nous rendant complice de son protagoniste. Plus encore il parvient à faire de nous les témoins de la réalité qui définit une certaine Amérique qu’il n’épargne guère.

Blue-Ruin-Midline

Le scénario est brillant. Si plusieurs mouvements se succèdent afin de dessiner une ligne narrative captivante (mais toutefois inégale), Jeremy Saulnier y insuffle une dynamique singulière flirtant avec le burlesque tout en restant au plus proche du réalisme. Ainsi de nombreux détails, souvent très drôles, exacerbent la tension, attestent du temps qui passe ou nous saisissent d’autant plus. Car attendre des heures durant, voler une voiture ou jouer à l’assassin n’est sans conséquences… Et si les rebondissements sont nombreux, l’intelligence de Saulnier est leur logique aussi implacable qu’impayable !

L’approche esthétique – et notamment la dynamique de cadrage (le réalisateur signe lui-même la photographie du film) – participe à la tonalité générale. L’effervescence du montage est purement exaltante. Fin artificier, Jeremy Saulnier joue tant avec le genre – au plus proche de la série B – qu’avec nos attentes de spectateurs. BLUE RUIN est ainsi un singulier petit délice.

Blue Ruin Affiche

BLUE RUIN
♥♥(♥)
Réalisation : Jeremy Saulnier
USA
Distribution : RIL
Thriller / Comédie

Film Fest Gent 2013 – Panorama américain
OffScreens 2014 – OffScreenings

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